Reportage | Une petite Pintsch?


Reportage | Une petite Pintsch?

Quand le GPS vous fait emprunter une route qui ne va pas droit, c’est déjà bon signe.

Ça faisait longtemps que je n’étais plus allé au Luxembourg. Et quand la question de savoir où rouler avec la Volkswagen Up! GTI s’est posée, l’envie d’y retourner a gentiment fait surface. Un revêtement parfait, des courbes en tous genres et un paysage rempli de vallées, c’est l’idéal pour la digne héritière de la première Golf GTI. À peu de choses près, la Up! (avec point d’exclamation) a le même gabarit et la même puissance que son ancêtre de 1975. Elle est donc à mes yeux déjà légendaire. Alors même si la météo est exécrable, j’enfile mon imperméable et prends la route du sud-est afin de découvrir si cette cacahuète n’a de GTI que le badge.

Le point de départ que j’ai repéré aujourd’hui est perdu au milieu des forêts luxembourgeoises, dans le petit village de Kautenbach. D’accord, ça ne caresse pas tout à fait les tympans, mais le bitume qui y mène est splendide, et la descente vers le village m’épate tellement que je la refais une deuxième fois. Vu ce qui arrive, c’est dire si le niveau est élevé. Avec ses courbes rapides au milieu des champs (ça met en sécurité) et ses épingles au milieu des bois (ça glisse de l’arrière-train), l’adrénaline monte déjà et la pluie double d’intensité. Point généralement oublié dans une voiture, les essuie-glaces de cette citadine fonctionnent à merveille, et mon seul problème se trouve sur mon nez. En effet, à force de sortir faire des photos, mes lunettes s’embuent en permanence et je passe mon temps à les essuyer. Qu’à cela ne tienne, il est déjà temps de remonter en direction de Konerhaff.

Si le nom n’inspire pas grand-chose, les neuf épingles en 800m devraient éveiller votre curiosité. La visibilité y est bonne, et le public s’y fait très rare. C’est certainement parce qu’on ne trouve que des bonnes routes dans ce pays qu’on n’y croise jamais personne : l’embarras du choix. Malgré ses 115 petits chevaux et son trois cylindres d’1.0l, la VW s’en tire avec les honneurs, et ses pneus gardent un bon grip dans les virages. Si elle lève la patte, c’est qu’elle s’amuse, non ?

Au sommet de ces virages, la route s’élargit et les arbres s’effacent. Au programme des prochains kilomètres une traversée des champs, mais à la Luxembourgeoise. Entendez par là pas de ligne droite, et du relief. Beaucoup de relief. Les noms imprononçables se suivent mais ne se ressemblent pas, tandis que je tombe de plus en plus amoureux de ce moteur asymétrique. Aucune vibration désagréable à noter, juste celles du bon calibre : un son qui vient vraiment du moteur (à l’inverse des sportives dont toute l’émotion vient de l’échappement) et un vrai caractère qui en redemande. Malgré le turbo, le 1.000cc ne s’essouffle pas trop en bout de course, et me propulse déjà à Wilwerwiltz, le seul village au monde qui s’écrit avec trois W mais n’offre pas de connexion internet. On y retrouve par contre la spécialité de la région, les maisons en crépis multicolore. Il faut le voir pour le croire…

Dans ce cas-ci, la buée aide, car après les villages aux noms exotiques (Pintsch ?), le mortier mauve pique aux yeux. Le Luxembourg, ça vous retourne les sens… et l’estomac, si on s’en tient aux courbes qui nous attendent. Un peu de feuilles mortes sur la route ? Pas de souci, il suffit d’être prudent. Et si vous êtes prévoyant comme nous, vous pouvez même caresser les freins en milieu de courbe pour regarder le point de corde par la fenêtre. Sans hésitation, après toutes les sportives rivées au sol qu’on a testées récemment, cette Up! (on ne s’y fait vraiment pas à ce point d’exclamation) GTI arrive comme un bol d’air frais et bouscule tout ce que j’avais en tête. Pas besoin de puissance, on s’éclate déjà avec 115 chevaux. Pas besoin non plus de système 4Control, le frein à main sur route humide rend les roues arrière bien plus directrices qu’il n’y paraît. Un véritable retour aux sources.

Allez, fini de rêvasser, on reprend les virolos. Après la traversée de Bockholtz et Hosingen, nous prenons la petite route 342 qui descend dans les bois et enchaîne la droite et la gauche comme Matignon. Mais à la différence du peuple français, nous en ressortons totalement satisfaits en en redemandant encore plus. Et sur ces pérégrinations hexagonales, nous voilà en Allemagne. La preuve : un panneau nous indique que nous quittons le village de Dasbourg pour entrer dans celui de Dasburg. Sans rien inventer, la seule chose qui les relie est un pont. Dupont et Dupond me viennent immédiatement en tête.

Fini de rire, car nous remontons les côtes allemandes et arrivons déjà au sommet. C’est dingue comme cinq virages vont font prendre 100m d’altitude dans cette région. J’imagine que la descente doit être encore plus amusante… et elle l’est ! Commençant à travers champs avec une vue dégagée à plusieurs kilomètres à la ronde, les courbes se resserrent et le sourire s’agrandit. Quelques épingles supplémentaires et nous voici arrivés à la fin de notre trajet qui coïncide avec la frontière luxembourgeoise. Et ne serait-ce pas la plus belle route qu’on connait devant nous ?!

Dans cette remontée courte mais intense vers Kalborn, je ressasse les émotions que j’ai ressenties pendant ces 40 derniers kilomètres. Oui, je me serais parfaitement amusé au volant d’une sportive de 300 chevaux. Et oui, il existera toujours quelqu’un pour contredire ce que je pense. Mais à la fin d’une balade pareille, je me pose sérieusement la question de l’escalade à la puissance et du gain d’embonpoint des sportives actuelles. D’accord, les routes se prêtaient particulièrement bien à un petit gabarit, mais si je peux autant m’amuser dans une Up! GTI, pourquoi irais-je acheter une Golf deux fois plus puissante ?

Infos pratiques : 40km | +/- 1h de route

Merci à Volkswagen Belgique pour le prêt de cette rafraîchissante Up! GTI. S’il ne fallait lui enlever qu’une chose, ce serait cette ponctuation inutile. Le reste est juste comme il faut.

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