Reportage | Hache Ouf


Reportage | Hache Ouf

Ne jamais oublier ses outils pour partir en balade.

L’objectif, avec une berline dont le nom complet inclut “Grand Tourisme”, était d’enchaîner les kilomètres dans les Ardennes belges. Mais après plusieurs mois de chance avec la météo, il fallait bien que les éléments soient contre nous une bonne fois. Une histoire de karma.

Notre tracé du jour démarre à Bêche, et l’outil en question s’appelle BMW Série 6 GT. Si la “Six” n’est plus un coupé sportif (remplacée par la 8), la berline se montre particulièrement confortable, et notre centaine de kilomètres est bien tracée vers le sud-ouest. Et dans la descente vers Salm-Château, on relève tout de même quelques traces de dynamisme. On ne changera jamais vraiment les Béhèmes, hein?

Ok, on a du soleil. Mais sur les photos, vous n’imaginez pas le vent qui souffle.

Arrivent les premiers kilomètres, s’étirant sur la N68. Entre Provedroux et Honvelez, les grandes courbes s’enchaînent et permettent de profiter du paysage dégagé du plateau, même si le vent ne donne pas l’impression de vouloir nous laisser suivre notre trajectoire. Les feuilles volent, mais la 620d continue de tracer sa route jusqu’à Courtil.

Dans ce village, la brasserie Lupulus nous fait de l’oeil, mais comme les kilomètres nous attendent encore, nous préférons continuer en direction de Cherain et Rettigny, où le paysage devient plus vallonné. Les virages se resserrent et nous entamons notre descente, quand une branche — ressemblant plus à un arbuste — au sol attire notre attention. Qu’est-ce qui nous attend sur cette route qui nous est signalée comme “en mauvais état” ?

Bon là, vous l’imaginez peut-être un peu, non ?

Et bien, que de surprises, car même pas 100 mètres après ce panneau, malgré un bitume impeccable, un arbre tenant un angle de 45° se dresse devant nous. Allez Thibaut, avance, mais arrête-toi juste derrière, qu’on inspecte la chose. N’ayant pas l’air en grande forme (complètement mort à vrai dire) et retenu par une seule branche de l’arbre voisin, nous attendons quelques bourrasques pour le voir s’étaler de son long au milieu de la route. Allez, c’était une chouette pause, reprenons notre route…

Et là, surprise supplémentaire. Deux minutes au volant et revoilà un autre arbre couché à terre, encore vert cette fois-ci. Nous voilà coincés, car pas moyen de soulever ce pin de plus de dix mètres. Le numéro de secours déployé ce jour-là ne répondant pas, nous rebroussons chemin et retournons à notre premier arbre mort. Quelques minutes plus tard, celui-ci est écarté du chemin et nous empruntons un détour pour atteindre les virages sympas.

On n’est pas à la Roche, promis.

Sur ce petit détour, le paysage se montre magnifique (encore mieux que le tracé de base) et la route en bon état (entendez: sans arbre au milieu), donc nous enchaînons les courbes avec la banane au visage. Nous voici là où nous aurions dû arriver, et la remontée en direction de Cèturu s’avère magnifique.

Entre roche et rivière, entre verdure et pierres, les courbes tantôt serrées, tantôt larges nous montrent les véritables qualités dynamiques de la Série 6, tandis que les roues arrières directrices montrent leur potentiel dans les épingles du village. Jamais manoeuvrer une voiture de plus de cinq mètres de long n’a été si facile.

Pas de bêche, plutôt une tronçonneuse et un peu d’huile de coude.

À la sortie du village, ce n’est cependant pas notre véhicule qui nous bloque, mais un arbre supplémentaire, cette fois impossible à déplacer avec son tronc de 50cm de largeur. Chance pour nous, une Suzuki Jimny kaki s’arrête, laissant sortir un homme assorti. De son coffre, une tronçonneuse, et nous deux de sortir de la voiture pour dégager les branches de la route. Quinze minutes plus tard, un passage est dégagé entre deux parties de tronc, et nous reprenons notre chemin vers Tavigny et Vissoule.

Peu avant Houffalize, les courbes rapides s’enchaînent et nous profitons d’un rayon de soleil discret entre les branches, tandis que les virages le long de l’Ourthe orientale amènent leur lot de surprises, comme un kayak accroché au mur. C’est dingue comme le vent change le paysage… Au quatrième arbre couché au milieu de la route, nous regardons l’heure, alors que nous atteignons seulement la moitié de notre tracé. “Déjà si tard ?!” C’est que tout ce bûcheronnage nous a fait perdre du temps. Alors pour se réconcilier avec cette journée, nous nous arrêtons à Achouffe pour une dégustation locale. La suite sera pour une autre fois, avec des outils adaptés.

Infos pratiques : 42km | +/- 1h de route.

Merci à BMW Belux pour le prêt de cette 620d GT. S’il fallait la surnommer, ce serait sûrement la main de fer dans le gant de velours.

Quelques images en bonus :

Toi, tu ne sais pas ce qui t’attend dans 500m…
Allez, encore un arbre à terre.
Quand on vous dit que ça souffle…
Parfois, on trouve de “petites” pierres au milieu de la route.
Nouvelle série télé ? Non, c’est juste la caméra de recul.
T’en fais pas Thibaut, on trouvera un moyen de s’en sortir.
Du travail bien fait !
Après l’effort…

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