Reportage | On Saint-Vith


Reportage | On Saint-Vith

Il est bien connu qu’un classement de voitures et routes favorites est en constante évolution. Mais à ce point-là ?

Les régions frontalières commencent à devenir familières chez Drivetime, et s’il suffisait de traverser un pays pour en parler la langue, vous nous liriez en Allemand depuis longtemps. Changer de langue n’est cependant pas une option pour nous, car nos jeux de mots continuent à fuser en Français. Et pour celui d’aujourd’hui, on s’invite à St-Vith en Fiesta ST. Ça fait beaucoup de saints en une phrase, mais bon.

Notre point départ du jour se trouve au beau milieu d’une épingle. Rassurez-vous, nous n’avons pas perdu la tête, mais si la grand-route sortant de la ville germanophone est intéressante, la tangente traversant les bois l’est encore plus. Ça commence par une épingle, puis la remontée entre les arbres laisse passer une chouette lumière. Pas mal. Premier village, premier virage à droite, et l’impression de changer de pays est brutale. Non, nous ne sommes pas encore en Allemagne, mais le paysage ressemble étrangement aux pays nordiques, ce que le goudron assorti de graviers semble confirmer. On s’imagine déjà sur les spéciales du rallye de Finlande. Brap brap.

Départ en Belgique et après 5km, nous voici déjà en Finlande.

Petit passage sous l’autoroute (non, on n’aime toujours pas être dessus) et le village au doux nom de Lommersweiler nous rappelle qu’aujourd’hui, c’est la fête nationale belge. Dans la région, on repeint les noms en Français sur les panneaux routiers (véridique), mais on n’est pas Allemand pour autant. La descente qui suit se montre hyper abrupte, et on se demande qui a tracé la route au milieu du champ suivant. La ligne eût sans doute été plus simple, mais on ne va certainement pas se plaindre.

Légère côte, passage étroit entre les arbres, et nous voici à Maspelt. La traversée des champs continue ensuite jusqu’à atteindre le fond de vallée et entamer une remontée familière vers la frontière teutonne. Comme d’habitude, le passage du panneau de la Bundesrepublik adoucit instantanément le bitume, et les épingles à répétition font ressortir le caractère joueur de notre monture. Qui a dit que les voitures roulaient toujours sur quatre roues ?

Les virages serrés ? La Fiesta ST les dévore sans jamais être rassasiée.

Les kilomètres suivants sont marqués par des enchaînements d’éoliennes à perte de vue et des traversées de vallées à répétition. Le tout sans croiser personne, c’est sympa les dimanches en Rhénanie. Et le plus chouette avec des routes désertes où les virages ne sont pas en aveugle, c’est qu’on peut pousser un peu notre Ford, que ça soit au rupteur sans s’essouffler ou aux limites de l’adhérence des Michelin Pilot Supersport. Grâce à une direction aux petits oignons et un châssis parfaitement affuté, les enchaînements de virages deviennent hyper naturels et seul le toucher des freins fait tâche sur le tableau. Mais rien qui gâcherait la descente qui se dessine devant nous.

Après Olmscheid, le ratio voyelles-consonnes s’est définitivement inversé et nos rudiments de géographie semblent avoir disparu. Quelques virages en Allemagne et nous voilà en Espagne… Bon, pas vraiment, mais le paysage de la réserve naturelle dans laquelle nous entrons, avec ses herbes séchées et ses plantes à ras de sol ferait hésiter même les experts. Profitons-en, c’est dépaysant au moins.

Oubliez Christophe Colomb, nous avons découvert le passage direct entre l’Allemagne et l’Espagne.

Quelques kilomètres passent et nous revoici déjà en Allemagne, où il est temps pour nous de descendre au fond d’une vallée supplémentaire. Après le village de Vor Der Höh, nous discutons des qualités dynamiques de la Fiesta bleue et au beau milieu d’une phrase et d’un virage, la discussion s’interrompt. Les deux mains alternant entre le volant et le levier de vitesses tandis que les deux pieds jouent aux claquettes sur les pédales, notre concentration a complètement quitté notre bouche pour se loger dans le regard. Jamais enchaîner les courbes serrées n’a été aussi silencieux pour nous, si l’on fait évidemment abstraction des crissements de pneus et du vrombissement du trois-cylindres pétillant.

La plus belle route, on pensait l’avoir trouvée il y a un an en arpentant le Luxembourg dans tous les sens, mais il est temps de nuancer notre classement. Le ruban précédent, sans aspérités, se prêtait parfaitement bien à notre monture du jour, et c’est en fait cela qui nous a plu. Mais aujourd’hui, chaque aspérité de cette K189 s’est soumise au caractère de la Fiesta ST. Avec ses suspensions retravaillées et son autobloquant, même les jumps les plus virulents n’ont pas empêché les 200 chevaux de passer au sol, et les sièges hyper enveloppants nous ont maintenu en place malgré que le matériel photo a volé dans tous les sens. Ce n’est qu’en arrivant en bas, où la clairière s’est fait découvrir, que nos premiers mots ont été un “aïe” suivi d’un “demi-tour” !

Non, il ne s’agit pas de multiples variations d’une même photo, mais plutôt de l’éventail de virages relevés trouvés sur notre meilleure route du jour.

Une fois remis de nos émotions, la remontée s’avère plus douce, mais pas moins intéressante, tandis que les boucles suivantes alternent descentes endiablées et côtes épicées. Le cocktail d’épingles s’est entretemps embrouillé dans nos esprits, mais la trentaine de kilomètres qui ont suivi a mélangé virages rapides entre les arbres et paysages à perte de vue entre les éoliennes. Jusqu’au Luxembourg en tout cas.

Le petit passage au Grand-Duché, du côté d’Übereisenbach, nous a fait longer la frontière pendant une poignée de kilomètres, avant de reprendre une route à nouveau familière pour remonter de Stolzenbourg à Keppeshausen, à nouveau en Allemagne. Petite pause, le temps d’immortaliser le lever de la roue intérieure dans une épingle bien connue et nous pouvons entamer les dernières courbes de notre balade du jour. Démarrant au milieu des champs, celles-ci empruntent ensuite un tracé étroit dans une forêt avant que la vue ne s’ouvre sur le château de Vianden. Destination finale de notre escapade dominicale, il semblerait que tout le monde que nous n’avons pas croisé pendant près de 120 kilomètres s’est retrouvé ici. Et étant donné la beauté du petit village, on le comprend bien.

Infos pratiques : 118km | +- 2h30min de route.

Merci à Ford Belgium pour le prêt de cette Fiesta ST hyper attachante. Améliorer le modèle précédent n’a pas dû être une tâche facile, mais les Américains nous surprendront toujours.

Quelques images en bonus :

Le département photo animalière de Drivetime est toujours en développement.
Aujourd’hui, ça zigzague dans tous les sens.
Un habitacle en nette amélioration, et un volant en position virage à droite (en contrebraquage évidemment).
Petit check des freins, le seul point d’interrogation restant sur la Fiesta ST.
“Lève la patte !”……”Bon chien”
Du sous-virage à la remise des gaz ? Même pas !

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