
Reportage | L’Eifel, X2
Certaines régions méritent qu’on y retourne une deuxième fois… ou plus.
Lorsqu’il est question de sélectionner un coin pour réaliser un reportage, il devient difficile de ne pas croiser des routes déjà connues. Alors plutôt que de s’en priver, pourquoi ne pas profiter de nos connaissances acquises et y ajouter un soupçon d’inconnu. Avec une BMW dont le nom rappelle les multiplications de l’école primaire, pourquoi ne pas retourner dans l’Eifel pour réviser notre table de deux.
Si vous savez compter et que vous nous êtes fidèles, vous savez peut-être que nous nous sommes déjà rendus dans la région plus de deux fois, mais nous verrons d’autres éléments en double pour rester fidèle à notre titre et à notre monture, la X2 M35i. À commencer par un barrage, portant le doux nom de Wehebachtalsperre et dont j’ai dû relire le nom cinq fois avant d’en saisir l’orthographe. Pas le plus grand de la région, celui-ci est surtout proche de la l’autoroute A4 venant de notre plat pays. Et puis un peu d’Autobahn, ça n’a jamais tué personne. Enfin on se comprend.


Depuis le parking du lac artificiel où nous démarrons, la petite route au milieu des bois serpente gentiment avant de bifurquer pour continuer dans la forêt qui peuple la zone. Pas rempli d’épingles, cet itinéraire se montre pour le moment relaxant, en collant bien au caractère du SUV que nous conduisons. Chez BMW, on parle ici de SAV (Sports Activity Vehicle) car nous avons affaire à la version coupé du X1, et dans sa tenue sportive munie de 306 chevaux, la réponse lente de l’accélérateur incite d’ailleurs à le contacter, ce SAV. Mais on ne laissera pas cet attribut gâcher notre plaisir dans les belles courbes qui nous attendent.
Pour les trouver, passons Vicht et Zweifall pour remonter vers les hauteurs qui nous offrent un paysage ouvert sur les lacs alentours. Tout d’abord, les grands virages rapides montrent que la puissance annoncée est bien présente, et l’amortissement rigide mais pas douloureux permet de virer presque à plat, ce qui reste notable pour une familiale. Ensuite, les lignes droites entrecoupées de virages plus lents rappellent que les quatre disques ventilés sont nécessaires, mais pas encore parfaits au toucher de pédale. À voir dans la descente qui nous attend.





Pas de visite à Vossenack aujourd’hui, mais plutôt une descente par Simonskall qui offre de superbes virages serrés au milieu des arbres, entrecoupés de traversées de clairières où l’on peut apercevoir des VTTistes profiter des sauts naturels de leur tracé à eux. On prend donc nos précautions dans le village composé de trois maisons et d’un arrêt de bus pour cyclistes paresseux. La remontée nous offrira un nouveau plein de sensations, en serpentant dans la forêt où le soleil est désormais plus doux à travers les feuilles.
Petite épingle, et retour sur une route avec deux véritables bandes de circulation où les quatre cylindres respirent un grand coup et font entendre leur turbo au loin. Si vous n’aviez pas suivi, les 35i actuels de Munich ont troqué deux cylindres contre deux roues motrices (du mauvais côté, si l’on sent tient à la tradition locale), et avec ça leur mélodie d’antan. On ne va pas se plaindre (tout le monde le fait déjà) car la puissance est là, et elle passe bien au sol, dès le point de corde.






Après un interlude qui nous fait traverser les champs teutons, nous récupérons la L246 visitée il y a maintenant un an, et continuons sur ce tracé familier qui alterne traversées de villages et descentes toute en courbes. Dans celles-ci, pas vraiment de sous-virage de la part de notre bombe furtive, mais le caractère de traction aurait plutôt tendance à élargir la trajectoire que le sourire. Qu’il semble loin, le survirage naturel et sécurisant de la M140i.


Arrivés au barrage du lac de la Rur, la Béhème prend vite la pose, tandis que nous continuons sur nos routes habituelles qui remontent les grandes épingles au sud-est du lac. Entre les parois rocheuses, le grondement n’est peut-être pas celui d’un V8 AMG, mais il n’est pas beaucoup moins agréable, surtout de l’extérieur où je me trouve pour prendre des photos. Le turbo souffle méchamment, et les alentours en profitent tout autant que nous. On continue ensuite vers Herhahn, qui malgré tous ces H ne semblait pas habité par des bûcherons. Le retour vers la frontière belge rappelle à nouveau nos balades en BMW, et l’arrivée dans nos Hautes Fagnes se fait directement remarquer au changement de végétation.





Tout d’abord rectilignes, les premiers kilomètres belges se corsent à hauteur de Hasselt (non, pas celui que vous pensez) pour ensuite nous amener sur les rives du lac de Butgenbach. Et comme on n’avait pas pu voir notre point d’eau de départ, celui s’avère être le deuxième de la journée. La boucle est bouclée, le X2 a vu l’eau deux fois, et nous nous reverrons certainement une deuxième fois, sous une autre forme.
Si notre attention a si longtemps été retenue sur ce petit SUV aux prétentions sportives relativement discrètes, c’est parce que celui-ci est annonciateur de celle qui succèdera à un de nos coups de coeurs des années passées, la M140i. Remplacée par une traction (devenue xDrive) amputée de deux gamelles, la nouvelle M135i partage une bonne partie de ses pièces avec ce X2.
Le caractère fun de l’ancienne ayant en partie disparu de ce modèle, tout n’est évidemment pas mauvais. Le quatre en ligne sonne mieux que dans la concurrence, tandis que l’efficacité n’est clairement pas en reste. Reste juste à voir sur un châssis portant 200kg de moins, mais ça ne devrait tarder.


Infos pratiques : 94km | +- 1h50 de route.
Merci à BMW Belux pour le prêt de cette X2 M35i. Pour les parents pressés qui ne veulent pas compromettre le volume de chargement et l’espace arrière sans trop monter en gamme, par exemple.
Quelques images en bonus :





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