FCA Heritage Hub | Les pépites méconnues


FCA Heritage Hub | Les pépites méconnues

Au détour d’un reportage dans le Piémont, une visite nous aura marqués au fer rouge.

Certains emails font toujours plaisir. Les propositions d’essai de chouettes voitures en font évidemment partie. Mais ce qui est toujours plus excitant, c’est une invitation en Italie. Moins de 48 heures pour découvrir la nouvelle Abarth EsseEsse, ce n’est malheureusement pas assez pour faire un long reportage comme on les aime. Ca devient par contre très alléchant de faire l’aller-retour pour découvrir un joyau récemment inauguré par FCA : l’Heritage Hub.

Abritant près de 250 véhicules clés de l’histoire des marques Alfa, Fiat, Abarth et Lancia, cet entrepôt rénové par la division Heritage du groupe italien étonne par sa disposition particulière. Ne s’agissant pas (encore) d’un musée ouvert au public mais plutôt d’un centre de conservation qui recèle quelques tables de réunion, on n’y trouve pas de billetterie, de vestiaire ou d’itinéraire à suivre. Juste une étendue de 15.000m² recouverte de véhicules de rêve et d’une machine à café. Il ne manque qu’une climatisation qui, en ce 27 juin caniculaire, n’aurait pas été superflue. Mais ne boudons pas notre plaisir.

Les raisons officielles et officieuses de notre visite dans le Piémont.

Située au sein du complexe d’usines Mirafiori, siège historique de la marque Fiat au sud de Turin, la collection est éclectique et surprenante. À côté des attendues (mais sublimes) Stratos et autres Delta se cachent des concepts n’ayant jamais vu le jour, et l’on comprend parfois pourquoi. Alors plutôt que de vous dresser une liste interminable des véhicules présents, pourquoi ne pas s’attarder sur les pépites inattendues de la collection ?


La course sous toutes ses formes

On connaît tous les classiques de chez Lancia. Les Stratos, Delta Integrale et 037 n’ont généralement pas de secrets pour les amateurs de sports moteurs quels qu’ils soient. Mais à côté du rallye, les Italiens se sont aussi plongé dans l’endurance et la course sur circuit, avec des résultats un peu plus mitigés.

Les Lancia LC2 et Beta Montecarlo Turbo “Circuito”.

Parmi les modèles de circuit, la LC2 retient particulièrement notre attention. Sa silhouette semble si actuelle, mais de petits détails trahissent son âge. En effet, si l’aérodynamique générale des Groupe C qui ont battu le pavé des 24H du Mans dans les années 80 n’a pas vraiment pris une ride, les rivets apparents et les aérations béantes font tâche lorsqu’on connaît le niveau de finition d’un prototype actuel. Époques différentes, évidemment. Mais on se prend à réfléchir : avec quelques améliorations qui nous semblent aujourd’hui évidentes, cette beauté aurait-elle pu viser mieux qu’une sixième place aux Hunaudières ?


Beaucoup de “et si ?”

Loin de nous l’envie de mettre Paris en bouteille, mais après avoir rêvé de victoire Lancia au Mans, il nous est venu l’envie de réécrire l’histoire d’une autre manière. Nous ne parlons plus de Groupe C, mais de Groupe S ici. Ce règlement sportif, supposé succéder en 1987 aux classiques du rallye tels que les Audi Quattro, Peugeot 205 T16 et Ford RS200, a malheureusement été tué dans l’embryon pour cause de danger, laissant derrière lui de nombreux concepts assez impressionnants.

La Lancia ECV-II représente tout ce qu’il y a de démesuré dans le rallye des années 80.

Baptisé ECV-II, cet objet roulant non-identifié peut se targuer de spécifications incroyables. À peine 900kg sans lest, 600ch venant d’un quatre cylindres de 1.800cc et une aérodynamique travaillée jusqu’au moindre recoin. Les roues pleines, la carrosserie en Kevlar et les proportions de monospace sont la parfaite illustration de l’interdiction de participer au championnat du monde des rallyes de ces monstres.

Curiosité supplémentaire, ce véhicule-ci a été finalisé en 1988, c’est-à-dire un an après son interdiction, dans une volonté de Lancia de prouver sa suprématie sur les chemins de terre…ce qui n’a jamais été fait, car jusqu’à l’ouverture de ce musée, jamais ce prototype n’avait été exposé au public.


Des records dans tous les sens

Vous connaissez certainement les Abarth d’aujourd’hui, ces Fiat survoltées munies de quelques appendices aérodynamiques. Et bien sachez qu’il y a 60 ans, la recette était déjà la même. Petits moteurs (1.200cc tout au plus) et aérodynamique travaillée, telle était la technique de Carlo Abarth pour atteindre des vitesses folles.

Tous types de records de vitesse étaient visés par Carlo Abarth (né Karl) au volant de ces bolides signés Pininfarina et Bertone.

Pourquoi ces records ? Et bien non seulement pour assouvir son envie de sensations fortes, mais aussi pour montrer au grand public la performance et la fiabilité de ses préparations. Un grand fou, Carlo Abarth ? Certainement.


La sécurité avant tout

Dans les années 70, la sécurité routière pouvait parfois se résumer à allumer ses phares dans le noir et un cierge en cas d’accident. Pour remédier à cela, Fiat lança en 1972 une étude nommée Experimental Safety Vehicles. Et les résultats sont pour le moins… étonnants.

Les Experimental Safety Vehicles, ou comment ruiner un design italien pour le bien de la société.

En prenant des modèles existants et les affublant d’appendices disgracieux, Fiat n’a pas seulement ruiné quelques superbes designs. La marque a surtout posé les bases de la sécurité routière actuelle en réfléchissant à l’intégration de pare-chocs qui absorbent les impacts ainsi que des structures intérieures déformables. D’où la question : comment se fait-il que l’on a toujours perçu les Italiennes comme fragiles ?


Le style garde quand même une place spéciale

Heureusement, après avoir découvert cette zone dédiée à la sécurité, nous retrouvons quelques chefs-d’oeuvres locaux, dont le design épate encore quelques années après. Devant ces études de style dont la famille Agnelli était friande, on se prend encore une fois à rêver.

Les Fiat 500 Zagato, Lancia Fulvia CC et Flaminia Loraymo décrochent aisément les mâchoires.

Entre les concepts qui n’ont jamais vu le jour tels que la Lancia Fulvia CC et les remodelages comme la Fiat 500 Zagato, nous ne savons où nous arrêter. Il faut donc jeter un oeil rapide pour ne pas en perdre une miette et découvrir chaque recoin de l’entrepôt. Mais ce qui marque, c’est la continuité du design entre des modèles espacés de près de 70 ans. Le dessin a évolué, certes, mais la patte italienne est restée fidèle au fil des années.


Quelques coups de coeur supplémentaires

Écrire cet article n’a pas seulement demandé beaucoup de recherches à travers nos notes de l’époque et les recoins d’Internet. Il a également fallu faire une décision de ce qu’on avait à raconter. Alors vu qu’on n’aime ni choisir, ni renoncer, voici quelques photos en plus, juste pour notre (et votre) plaisir.

Une Stratos, paisiblement cachée au fond de l’ancienne usine.
Les débuts de l’aérodynamique, avec un carénage d’empattement particulier.
L’évolution de la 500. La Topolino (petite souris) partage quelques traits avec le concept de la “Nuova Cinquecento”.
Parmi les 1.000 exemplaires de 8C au monde, quelques-uns sont stockés à Mirafiori.
L’Alfa Zagato SZ dénote à côté de sa jeune cousine.
“Catchow !”
Entre les victoires des années 50 et la reprise de Sauber en 2018, Alfa Romeo a également couru en F1 de 1979 à 1985. Sans grand succès malheureusement.
Plus d’un siècle d’histoire.
Vous êtes plutôt Martini ou Alitalia ?
Frein à main extérieur et transmission par chaîne. À l’ancienne.
Souvenir du passé de cette usine.

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