Reportage | Un Pont Bolder


Reportage | Un Pont Bolder

Parfois, la seule chose qu’il vous faut est un peu d’oxygène dans l’arrière-pays germanophone.

Si vous suivez Drivetime depuis plus de deux jours, vous avez certainement remarqué que nous nourrissons une affinité particulière pour les régions frontalières, et particulièrement pour les abords belges de l’Allemagne. Les raisons sont variées, mais elles ont souvent tendance à tourner autour de la qualité des routes. Pas que la langue nous déplaise dans ce cas, même si nos tympans préfère être caressés par de l’Italien, ou que la gastronomie locale ne soit pas à notre goût. L’humour en est la preuve, nous aimons ce qui est lourd. Non, ce qui nous attire le plus dans la Belgique orientale, c’est le sentiment de solitude que l’on y ressent.

Afin de troubler la solitude de ce dimanche de fin d’été, je suis allé chercher notre compagnon de route occasionnel, Martin, qui a lui aussi trop profité de son samedi soir. Et pour éviter à nos cheveux de pousser vers l’intérieur de notre crâne, nous ouvrons les fenêtres et le toit ouvrant en quittant le bien nommé village de Pont, situé aux abords de Bellevaux.

Dès les premiers hectomètres, le ruban de tarmac se déroule en courbes, tandis que le pont mentionné précédemment fait son apparition au-dessus nos têtes. Bien au-dessus en l’occurence, car l’autoroute nous survole quelques 40 mètres en amont. Et pendant que certains s’ennuient en ligne droite, nous prenons à gauche vers Recht. Ca ne s’invente pas.

Une fois passés par Kaiserbaracke, il est temps pour nous d’attaquer les petites routes de manière plus sérieuse. La forêt est dense à nos côtés, tandis que le trafic y est inexistant. Tant mieux, croiser quelqu’un sur cette route des Fagnes noires (Schwarzenvenn) serait compliqué sans mettre deux roues sur le talus. Pas un seul signe de vie à l’horizon, si ce ne sont les vaches brunes du champ d’à-côté et quelques rapaces dans le ciel. S’il nous arrive un problème, ceux-ci seront certainement les premiers à se tracasser de nous.

Les kilomètres passent et ne se ressemblent pas, alors que nous arrivons à Am Stein. Là, les courbes se resserrent puis font place à une grand route un peu plus roulante, et c’est sur ce genre de terrain que l’Alfa Stelvio qui nous emmène aujourd’hui excelle. La sensation de poids qu’on attend disparaît, et la direction fait des merveilles pour remettre le sourire à deux zombies déshydratés. Qui a dit qu’un soir de fête devait automatiquement pourrir le jour suivant ?

Les courbes continuent ensuite, mais avec un petit imprévu à Am Kreuz. Là où Google Street View nous promettait du bitume, nous voilà face à une portion cendrée pour quelques centaines de mètres. Qu’à cela ne tienne, nous ne sommes pas en SUV pour rien, et voilà que le Stelvio rappelle que son train avant est également moteur. Pas que l’on glisse sur les petits cailloux, mais plutôt que la vivacité habituelle du châssis italien fait place à un sous-virage rassurant sur un revêtement instable. Tout ça sans devoir changer de mode de conduite, ce n’est pas mal du tout.

De retour sur notre tarmac adoré, la traversée des champs se fait de manière paisible dans le cocon qu’est devenu le crossover italien depuis sa mise à jour en début d’année. Là où le Stelvio premier du nom devait se contenter de quelques plastiques un peu légers, le modèle actuel s’est remanié et offre une meilleure qualité au toucher et à l’oreille. Le seul bémol viendra du niveau sonore du 2.2 diesel, un peu bruyant par rapport à la concurrence. Dans les relances, celui-ci ne se montre par contre pas en reste, avec 210 chevaux qui se font bien sentir dans les lacets de Möderscheid.

Dans les pif-pafs qui nous amènent à Honsfeld, nous reprenons un peu nos esprits et notre énergie, qui finalement n’étaient pas si loins. Les enchaînements rapides, ça réveillerait n’importe qui, surtout avec un châssis aux petits oignons comme celui-ci. Les lignes droites de nos derniers kilomètres ne peuvent même pas nous remettre dans un état végétatif, tellement l’Alfa peut transformer le trajet en aventure. Martin, pourtant facilement critique, semble convaincu par le vaisseau italien.

Et c’est sur ces bonnes paroles que nous arrivons à notre point final du jour, avant la sieste. Bolder, c’est un petit lieu-dit on ne peut plus à l’est du pays. C’était aussi une excuse pour nous de prendre un bol d’air, et de se remettre les idées en place en s’amusant. Et maintenant encore plus qu’avant, quel meilleur SUV que le Stelvio Veloce pour ça ?

Infos pratiques : 41 km | +- 1h15 de route.

Merci à FCA Belux pour le prêt de Stelvio Veloce, toujours aussi plaisant. Un véritable jouet qui peut se targuer de plaire à toute la famille.

Quelques photos en bonus :

La seule âme vivante que l’on a croisée ?
Ok, pas la seule âme vivante… Mais humaine, oui !
Un bitume parfait en pays germanophone ? Jaaaaaaaa.
Quand on vous dit qu’on fait de drôles de rencontres dans les pays de l’est ?
“Seul au monde”

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