Reportage | La Polleurstar 2


Reportage | La Polleurstar 2

Les nouveaux venus de ce style, on les adore.

Pour se lancer sur un marché compétitif, il faut remplir quelques critères. Premièrement, le look est primordial. Et sur ce plan, il semblerait que la marque suédoise à l’étoile s’en tire avec les honneurs si l’on compte le nombre de têtes dévissées. Le deuxième critère, c’est de pouvoir être décrit en deux mots, pour que la rumeur circule. Et là, ça se complique… Comment expliquer Polestar à un quidam ?

Afin de répondre à cette question, nous avons embarqué la Polestar 2 sur des routes qui la caractérisent bien, et qui devraient nous permettre de placer des mots sur nos sentiments. Départ à Vaux-Chavanne, à la seule porte des Ardennes qui accueille un chargeur rapide, pour ne pas partir à court d’électrons.

Sur nos premiers kilomètres en direction de Manhay, le deuxième modèle de la marque nordique épate par son calme. Mais est-ce vraiment le deuxième modèle, étant donné que la Polestar 1 n’a été produite qu’à 1.500 exemplaires, comme sorte de concept roulant ? La question mérite d’être posée, mais aucune question ne se pose quant à l’aménagement intérieur de la belle grise : matériaux (recyclés) premium, ergonomie sans faille, position de conduite idéale, tout y est. Rien à redire, le design nordique a vraiment une longueur d’avance.

En parlant d’esthétisme, les couleurs arborées par la N807 en cette journée de novembre complimentent parfaitement la sobriété de notre habitacle, et le pare-brise passerait aisément pour une de ces nouvelles télévisions en 8K HDR. L’avantage, c’est qu’ici on ajoute la quatrième dimension en comptant les sensations distillées par cette route exceptionnelle. Les lacets sont légion dans le coin, mais le niveau est ici très élevé.

Au premier embranchement croisé, il est temps de quitter cette nationale avant qu’elle ne croise un virage, et de remonter vers les petits villages avoisinants. Déjà empruntée en pick-up, cette route a changé du tout au tout grâce au lit de feuilles qui délimite la trajectoire, et la monture semble apprécier l’endroit. La direction précise aide à éviter les endroits glissants, et si par malheur on se retrouve en dérive, elle permet également de contrer le mouvement. Comme attendu, le feeling n’est pas au niveau d’une sportive, mais les informations remontent tout de même et la démultiplication est bien calibrée pour un contre-braquage rapide.

Sur le plateau, la vue dégagée permet de profiter des vallées qui bordent notre région. Le silence de déplacement contribue alors à l’impression de calme qui règne et la deuxième question se pose : Polestar est-elle la branche électrique de Volvo ? Ç’aurait pu être le cas, mais l’arrivée récente de la XC40 Recharge vient contrer cet argument. Pas facile alors de décrire cette marque récente à un novice.

De Mormont à Villers-Saint-Gertrude, la question continue à trotter dans nos têtes mais nous nous focalisons un peu sur les qualités dynamiques de la Suédoise. Équipée de son pack “Performance” reconnaissable aux étriers de freins dorés et aux ceintures assorties, celui-ci amène surtout une grosse différence : les amortisseurs Ohlins réglables manuellement… Oui, vous avez bien lu. Pour rendre l’assiette un peu plus conciliante, il faudra sortir une clé et aller chipoter à chaque roue, pour trouver lequel des 22 réglages vous plaît le plus. Un peu exagéré ? Certainement, mais dans les enchaînements de Ferrières, on voit que ce n’est pas de la figuration.

Ne vous embêtez pas à chipoter avec les réglages, la Polestar 2 n’en a pas besoin. Les bosses sont bien encaissées, le roulis n’est pas excessif (malgré les deux tonnes) et le seul bémol vient du filtrage, notamment sur les taques d’égout. Les jantes 20″ en alliage forgé en sont probablement la cause cependant. Dans les virages en tout cas, on retrouve beaucoup plus aisément la banane que dans une Tesla Model 3 Performance, qui semble elle préférer les lignes droites aux virages.

Les lignes droites, il n’en est en tout cas pas vraiment question entre Harzé et Niaster, où le ruban d’asphalte est à la limite du caricatural, tellement il serpente. Pas que l’on se plaigne du nombre de virages, mais plutôt que la largeur ne laisse pas vraiment de marge d’erreur. Les tournants en aveugle n’aident pas non plus, sur cette route à double sens. Pas de souci, les étriers dorés ne sont pas là que pour la figuration. En effet, même s’ils ne servent que très rarement (la régénération de batterie s’occupe de 90% des décélérations), leur toucher de pédale est bien meilleur que dans la majorité des véhicules électriques ou hybrides.

Polestar serait alors le pendant “Performance” de Volvo ? La marque s’efforce en tout cas de se présenter comme cela un peu partout, et l’explication serait alors simple. Mais plutôt que de parler de performance pure, il faudrait peut-être recadrer. C’est vrai que l’accélération est impressionnante, mais la gestion de pédale amène plutôt à la fluidité et aide à doser la remise des “gaz” en virage. Le grip est également débordant, mais il ne prend pas le dessus en enlevant toutes les sensations et laisse tout de même un peu de challenge dans chaque virage.

Non, Polestar n’est ni la branche électrique, ni performance de Volvo. Il s’agirait plutôt de la partie “plaisir”. Avec un design pareil, un confort de ce niveau et le feeling de conduite le plus amusant qu’il soit sorti de Suède depuis la Saab 900 Turbo, on peut clairement parler d’un coup de coeur. Et un que l’on recommande chaudement à ceux qui peuvent se le permettre, c’est-à-dire aligner 59.900€ et ne pas faire plus de 320 kilomètres par jour. Si c’est votre cas, rassurez-vous, le futur de la conduite est brillant !

Infos pratiques : 68km | +/- 1h45 de route.

Merci à Polestar pour le prêt de cette excellente 2. Au-delà de son design, ses performances ou même son niveau de connectivité, c’est sa personnalité qui nous a tapé dans l’oeil.

Quelques images en bonus :

Étriers dorés pour “Performance”
Rétroviseurs sans bords, ce qui devrait être la norme.
La saison parfaite pour traverser les Ardennes.
Qu’est-ce qu’on vous disait plus haut ?
Ni berline, ni SUV.
Les phares en marteau de Thor sont bien présents, comme chez Volvo.
Sans commentaire.
Vraiment très à l’aise dans les virages.
La fameuse Polleurstar Theux.

Leave a Reply

Your email address will not be published.