Reportage | T’es en Corolla toi ?


Reportage | T’es en Corolla toi ?

La Toyota classique revient dans nos contrées, l’hiver aussi.

Après quelques années d’absence, certains éléments oubliés de notre paysage ont refait apparition dernièrement. D’un côté, la neige, qui s’était fait oublier de la part de tous les Belges (sauf les Ardennais). De l’autre, la Toyota Corolla qui n’avait plus posé le pied en Europe depuis 2006. Alors, des deux éléments, lequel nous avait le plus manqué ?

Vous ne l’imaginez pas, mais il fait très froid à Éghezée.

Pour en débattre, nous prenons aujourd’hui la route à Éghezée. Pas question donc de rouler sur un tapis blanc comme dans les Fagnes, mais plutôt de revivre les traditionnels hivers belges… Ceux qui sont humides et boueux. On vous parlait de neige plus haut, mais sur l’entièreté du plat pays, on est plutôt habitués à la fonte. Pas celle qu’on pousse, celle qui signifie que les voitures claires reviennent brunes.

En parlant de couleur, notre monture du jour est habillée d’un blanc “craie” qui lui va à ravir. La Corolla avait quitté l’Europe il y a 15 ans pour nous présenter sa cousine Auris, mais elle est revenue en force en 2018. Avec son mélange de courbes généreuses et de lignes tracées au sabre, elle se fait remarquer un peu partout. Mais finalement, qu’est-ce que c’est qu’une Corolla ?

Pas larges, les routes du coin.

En tant que bonne rivale de la Golf, la Corolla est premièrement une voiture passe-partout. Ça tombe bien, les premiers kilomètres sont bien recouverts de bitume, mais une petite couche de boue s’est glissée du talus. Qu’à cela ne tienne, ça rendra la carrosserie un peu plus joyeuse et l’aventure plus drôle. En direction de Taviers, l’itinéraire est donc brun au sol et gris dans le ciel. Mais assez parlé de la météo, parlons plutôt de ce qui nous attend : des virages dignes d’un rallye de Wallonie et personne sur les routes.

Entre Hemptinne et Hannêche, les kilomètres défilent aisément : entendez par là un rythme élevé et pas grand chose à regarder par la fenêtre. En effet, l’essentiel se passe dans le pare-brise. Pas question ici d’épingles mais plutôt de légers changements de direction permanents, avec des rafales qui rendent la route encore plus étroite que ce qu’elle n’est. Pas de problèmes de stabilité pourtant, mais il faut tout de même garder les deux mains sur le volant.

Les flaques de boue font place à de longues courbes.

Une fois la N652 traversée, le rythme change du tout au tout. Les courbes de niveau se rapprochent et nous grimpons vers Héron, afin d’admirer les oiseaux du coin. Dans les côtes, le 2.0 essence se réveille pour pousser de manière assez linéaire, tandis que la mécanique hybride semble bien cachée. Pas que ça manque de puissance — les 184 chevaux sont là — mais plutôt que le bloc se la joue atmosphérique, avec la puissance qui arrive progressivement et sans boost électrique marqué. La boîte CVT a certainement un rôle dans ce ressenti, mais pour une fois elle ne se fait pas trop remarquer.

Le long de la Burdinale, avec tous les pifs-pafs qui s’enchaînent, c’est un autre aspect de la japonaise qui ressort : l’efficacité de son châssis. Certes, la Corolla est équipée d’un pack GR-Sport, mais celui-ci n’amène aucun changement sur la base mécanique ou mêmes les suspensions. À croire que la base est vraiment bonne, car les virages s’avalent sans broncher et avec juste ce qu’il faut de roulis pour prendre des sensations. Le confort n’est pas parfait, mais on passe au-delà de ça quand on a une direction pareille.

Les spéciales de rallye plaisent à la Toyota, un peu comme pour Sébastien Ogier.

Lors des derniers kilomètres, sur la route des carrières de Moha, la couche de crasse redevient claire et remplace la poussière brune qui avait frôlé les ailes. Le temps de tester une fois de plus les essuie-glaces, qui comme les autres commandes, tombent parfaitement sous la main. Au regard, par contre, ça pique un peu. Là où le design extérieur fait penser au futur, le poste de commande rappelle les années 90, avec des éclairages bleus et des boutons à outrance. Au moins, les sièges chauffants sont facilement accessibles, même par grand froid.

Alors, qu’est-ce que nous avions manqué après 15 ans sans Corolla et quasiment sans hiver ? Des équipements un peu dépassés, mais l’essentiel est là. Sur les petites routes à moitié gelées, la Corolla remplit sa mission. Une mission pas vraiment hybride, comme son badge le promet (consommation stabilisée à 6.6l/100km tout au long de notre essai), mais une excellente plateforme de décollage pour la future Corolla GR, la vraie. On nous la promet sauvage comme sa petite soeur Yaris, ce qui nous met l’eau à la bouche. Et puis si on nous demande si on est en Corolla, on vous répondra “Huy”.

Infos pratiques : 41km | +/- 1h de route.

Merci à Toyota Belgium pour le prêt de cette surprenante Corolla Hybride GR Sport. Avec un châssis pareil, on attend patiemment la suite !

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