
Reportage | Quoi ma Gueule ?
Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
La BMW Série 4 a changé, ce qui a fait beaucoup parler d’elle. À croire que les têtes pensantes de Munich adorent semer la zizanie et bousculer les traditions. Chris Bangle avait amené les courbes en Bavière, Adrian van Hooydonk a décidé d’y mettre un peu de sel… ou de poudre blanche dans les naseaux. Mais au-delà du débat, qu’est-ce qui se cache derrière cette calandre ?



Pour répondre à cette question, nous avons décidé de mettre les pieds dans un pays qui convient bien à notre monture : la vallée de la Gueule. Oui, le nom se prêtait bien à l’histoire, mais au-delà de ces considérations humoristiques, les routes devraient nous aider à tester la bête. Et puis on y parle Allemand (la Gueule trouve sa source au Nord d’Eupen), alors ça sera comme à la maison.
En quittant Hergenrath, les premiers virages sont humides (ils le seront toute la journée) mais également rapides. Entre les arbres, la visibilité n’est pas géniale et il faut beaucoup de motivation pour sortir faire des photos, mais au moins la couleur bleue ressort bien du paysage grisâtre. Il faut bien ça pour nous donner le sourire, et assortir notre faciès à celui de notre monture.





Ne boudons pas notre plaisir non plus : avoir affaire à une nouveauté qui n’est pas un énième SUV, c’est assez spécial. Et un coupé pareil, ça l’est encore plus ! Car son esthétique discutable (au sens propre, tout le monde parle de ça) cache un véritable caractère. Pas une sportive, même si son badge de 430i M Sport peut le suggérer, mais plutôt de grand tourisme à l’ancienne. Les routes d’Astenet à Lontzen sont d’ailleurs bien adaptées à cette mentalité, en témoignent leurs nids-de-poules occasionnels qui ne font même pas tiquer l’Allemande. La suspension adaptative M n’est donc pas là que pour de la figuration.
Une fois le château de Graaf passé, le ruban d’asphalte serpente joyeusement entre les arbres et on se croirait dans une spéciale de rallye. Pas le temps de s’arrêter, on continue vers l’ouest en passant les rapports du bout des doigts. Le réflexe habituel est de cliquer de la main droite assez tôt, car les moteurs turbochargés n’apprécient pas toujours les hauts régimes et même les meilleures boîtes à double-embrayage prennent parfois leur temps. Ici, pas besoin. Les quatre cylindres montrent leur caractère même à l’approche de la zone rouge, tandis que le rapport suivant est enclenché avant que la palette ne fasse clic. Décidément, les Allemands (de chez ZF cette fois-ci) font des miracles.



Avec 258 chevaux, le paysage passe très vite. Même pas le temps de dire “ouf” que nous voilà à Hoof, et il est temps de décélérer un peu pour enchaîner les virages à angle droit. Alors cette suspension, elle filtre bien, mais comment passe-t-elle l’épreuve des changements de cap ? De manière prévisible, tout se passe à ravir. La direction est précise, sans toutefois transmettre un tas d’informations. Ce n’est pas grave, les informations viennent des yeux, qui profitent d’une position de conduite parfaitement travaillée et scrutent déjà le prochain virage, ou la prochaine saillie sur la route.
On vous l’admet, ces petites routes entre les champs n’étaient pas équipées du meilleur revêtement, mais la raison derrière notre pensée était bonne : les voitures actuelles ont tendance à privilégier la performance au confort, même lorsque cela n’a pas lieu d’être. Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous annoncer que BMW parvient à concilier les deux — du moins en pneus hiver — et cela nous réjouit. Assez parlé de tarmac maintenant, reparlons de virages.



Une fois la vallée de la Vesdre rejointe, nous entamons notre ultime remontée vers la Gileppe, avec comme décor les longs virages en enchaînement. Pas de freinage nécessaire ici, même si la Béhème n’aurait pas bronché, on profite juste de l’excellent châssis qui avale les courbes comme un bodybuilder avale ses oeufs crus au petit déjeuner. Vient ensuite le bouquet final, la jonction de Jalhay à Solwaster.
Au milieu des bois, il est temps de faire monter les tours pour une dernière fois et de vérifier si les 1620kg sont bien présents. Pour la faire courte, oui. Pour la faire longue, il semblerait que la physique ne répond pas aux mêmes lois à Munich. Les réponses aux coups de volant sont instantanées, le roulis quasiment inexistant et on se demande bien pourquoi on se plaint de la hausse du poids constante. Une question de consommation peut-être ? Même pas, car après 40km de petites routes avalées à la vitesse lumière, les 8,6l/100km nous semblent tout à fait corrects.




Mais alors, de quoi se plaint-on ? Sommes-nous devenus des vieux de la vieille, toujours occupés à critiquer la nouveauté ? Certainement un peu. On n’y peut rien, le look de cette nouvelle Série 4 nous refroidit. Mais une fois au volant, on oublie tout et on en redemande. Le feeling des Béhèmes “traditionnelles” a évolué, mais il est toujours présent. Et puis peut-être que c’est ça aussi, être un conducteur à l’hélice : se ficher des regards extérieurs et profiter de la route qui s’étend devant nous.



Infos pratiques : 40km | +/- 1h de route.
Merci à BMW Belux pour le prêt de cette 430i M Performance. Si vous vous arrêtez à son faciès ou même son tarif, vous ne découvrirez qu’une toute petite partie de son caractère.
Quelques photos en bonus :







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