
Reportage | À Nives et Cerf
Un centenaire, ça se fête comme il se doit.
On pourrait dresser une liste interminable des éléments négatifs que 2020 nous a apportés, mais on va se retenir. Aujourd’hui, concentrons-nous sur le positif, et en particulier sur une occasion qui nous tient à coeur : le centenaire de Mazda. Pour l’anniversaire de la firme qui nous a sorti tant de solutions osées au fil des années, il fallait bien marquer le coup.



Si nous avons foncé dans le fin fond de la Belgique (littéralement), ce n’est pas seulement pour le plaisir, c’est aussi pour partir à la chasse de courbes et de gibier pour compléter le jeu de mot. En effet, qu’est-ce qu’on allait faire à Nives sans cerf ? D’accord, ce n’est peut-être pas notre meilleur, mais la qualité des routes compensera bien notre inspiration douteuse. C’est parti !
Dès les premières centaines de mètres et le passage au-dessus de l’E25, le tarmac commence à dresser de belles courbes, du niveau de la CX-30 qui nous emmène. On a beau ne pas être les plus grands fans de SUVs, quand c’est à Hiroshima qu’on les fabrique, on se rappelle que les lignes droites, c’est moins fun que les courbes. Ne cherchez pas, vous ne trouverez quasiment pas de lignes droites sur le dessin de la Japonaise, et c’est tant mieux. Le dessin attire l’oeil, et ressort bien sous l’objectif, quel que soit l’angle. Ça n’augure que du bon pour les prochains kilomètres, avec le soleil qui pointe le bout de son nez.



Sur les premiers kilomètres reliant Rosière à Morhet, les virages sont doux mais réguliers, alternant entre forêts profondes et villages déserts. En même temps, un dimanche à 8h du matin, on croise rarement beaucoup de monde. Qu’à cela ne tienne, ça rend l’expérience encore plus chouette ! Pour certains, se lever à l’aube est une corvée, mais dans des conditions pareilles, ça devient moins embêtant. Même quand on arrive à Lavaselle.
Dans la vallée d’Houmont, empruntée il y un moment en Béhème, le ruisseau serpentant au milieu des champs fait remonter les souvenirs d’une symphonie de six gamelles, mais aujourd’hui le concerto joue en quatre temps, pas dissonants d’ailleurs. Il faut avouer que Mazda prend une partition un peu différente du reste du marché, avec une combustion spontanée (tel un diesel) qui donne un rendement plus élevé à l’essence. Avec 180 chevaux qui sortent d’un bloc atmosphérique, ça a une touche nostalgique. Au final, même si le nom (Skyactiv-X) évoque la drum’n’bass, on a plutôt affaire à du rock à l’ancienne : quatre cylindres, un peu d’essence et c’est parti.




Sur le petit détour vers Chisogne, la recette prend facilement et les relances sont bonnes, même si un peu effacées par la boîte automatique qui filtre assez fort les sensations. L’atmosphérique s’apprécie plus avec une troisième pédale, mais on ne va pas bouder notre plaisir. Râler dans ce coin, ce serait comme se plaindre de ne pas aimer les guimauves dans un magasin de bonbons. Aurait-on un peu faim ?
Dans les bois de Tillet, les virages se suivent et soulignent le fait que Mazda sait toujours bien préparer les châssis pour les enchaîner, même si les suspensions sont plutôt calibrées pour se relaxer. Ça tombe bien, l’intérieur invite à la détente. Avec un poste de conduite digne d’une gamme supérieure, des matériaux parfaits au toucher et un écran pas intrusif (même si un tout petit peu dépassé), on se concentre sur ce qui vient devant, ce qui n’est que positif.




La longue descente vers Saint-Hubert serpente gentiment, mais au moins, ça nous laisse du temps pour profiter du paysage et dévorer les vallées du regard. Les Ardennes en hiver, c’est quand même beau. Alors pourquoi ne pas prolonger avec un autre tracé, par exemple une descente vers Paliseul et avaler quelques épingles au passage ? On le ferait bien, mais on troquerait bien le SUV pour une compacte avec le même bloc et une boîte manuelle. Ça tombe bien, la Mazda 3 remplit alors le cahier des charges à 100%. Ils pensent vraiment à tout.
Vous l’avez compris, cette découverte de la motorisation du futur selon Mazda n’a pas rempli tous nos critères, mais cela ne veut pas dire que l’on en ressort pas du positif. Avec une masse contenue, un caractère sympa et un habitacle pareil, on aurait tort de se plaindre. Et puis garder le même cap (remettre la conduite au coeur des véhicules) depuis 100 ans, c’est une belle réussite. Alors pour fêter ça, nous avons cherché un cerf… que nous n’avons pas tiré, ni bu.



Infos pratiques : 37km | +/- 45min de route.
Merci à Mazda Belgium pour le prêt de cette CX-30 100th Anniversary. L’habitacle, les finitions et la motorisation nous ont bluffés. Curieux donc de tester ceux-ci avec une boîte manuelle.
Quelques photos en bonus :











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