Blog | La familiale recomposée


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À l’époque des SUVs à outrance, le break doit se réinventer. Pour le meilleur ou pour… le meilleur ?

Depuis de nombreuses années, le parc automobile a pris de la hauteur. Pas figurativement, plutôt littéralement. Et loin de nous l’idée de jouer les réacs, mais parfois, on aimerait avoir les pieds sur terre tout en évitant de devoir se contorsionner pour rentrer dans une sportive. Vous savez, comme on faisait avant.

Un peu oublié aujourd’hui, le break était jusqu’à peu un élément habituel dans nos contrées. Même croisé sur les circuits (on félicite les tarés du BTCC pour ça), ce type de carrosserie offre d’ailleurs des avantages non-négligeables quand il s’agit de concilier plaisir et volume de chargement dans un seul véhicule. Pour vérifier ça, on a décidé de tester deux versions de la recette : l’une française et l’autre allemande.

Pour ce qui est de tester le plaisir, nous avons amené notre mètre étalon traditionnel : des routes sympa, un peu sinueuses et avec peu de trafic. Au niveau du volume de chargement, on n’aime pas trop rouler chargés…à part pour les batteries intégrées. Car oui, nos deux protagonistes du jour sont survoltées ! Transportant respectivement 11 et 12kWh dans leur coffre, les Peugeot 508 PSE et BMW 320e mêlent puissance électrique et thermique, afin d’augmenter les performances d’un côté et baisser la consommation de l’autre.

Les plus attentifs d’entre vous auront vite fait de remarquer que théoriquement, ces deux routières ne font pas parfaitement partie de la même catégorie. En effet, là où la Française joue la carte de la sportivité, avec 360 chevaux combinés, l’Allemande reste plutôt sobre, avec 204 chevaux. Pourquoi ne pas prendre la 330e en point de comparaison alors ? Le prix, pardi ! Tournant dans une même fourchette tarifaire, les deux ont d’ailleurs beaucoup plus en commun qu’attendu. Lisez la suite pour voir.

En se glissant à leur bord, pas de grande surprise des deux côtés, du moins si l’on est habitué au volant minuscule de chez Peugeot. Hormis cela, l’ambiance est assez classique et pas de surprise non plus en mettant le contact. Le silence règne. En France, les commandes demandent un petit temps d’acclimatation, notamment pour régler l’affichage du tableau de bord et voir une info utile, comme la vitesse par exemple. Outre-Rhin, on est dans un environnement familier, et pas besoin de chipoter, tout est sous nos yeux.

Une fois en route, la 508 étonne par sa vivacité. On reste quand même sur une caisse de presque deux tonnes, mais on pourrait croire que la plateforme de traction a été inversée à l’usine. Le boost électrique — présent sur les quatre roues — y est pour beaucoup, mais tout de même. Chez BMW, l’architecture reste traditionnelle, tout passe à l’arrière. Deux méthodes différentes donc.

Sur les routes humides luxembourgeoises, pas question de dépasser les limites de la PSE (Peugeot Sport Engineered — ça sonne moins bien que GTI), le rail n’est jamais loin. Et les feuilles qui jonchent le bitume ne vont pas aider pour la confiance. Pourtant, c’est probablement ce que la Peugeot a à offrir : de la confiance. L’intégration des trois moteurs est sans faute, et le dosage de la puissance ne surprend jamais, même si la poussée est là. Jamais piégeuse, la grise aux accents verts fluo se montre pourtant vive, avec un train arrière qui enroule gentiment. Les Michelin Pilot Sport 4 montés d’origine gèrent bien les conditions, même si un léger sous-virage se pointe dans les épingles.

Là où le bât blesse, c’est dans l’excès de confiance recherché lors de la mise au point. La fiche technique a beau annoncer 360 chevaux, un test à l’aveugle nous ferait en compter 250 maximum. Pas que la PSE soit lente, loin de là. Juste que la sensation de poussée semble encore un peu bridée, et manque du peps que l’on a tendance à connaître avec de l’électricité. Dommage, car avec de bons sièges, une direction affutée et un châssis aux petits oignons couplé à une suspension pas trop ravageuse, on tient là une excellente routière rapide.

À l’opposé, la 320e se la joue force tranquille. Le chiffre de 204 chevaux n’impressionne plus dans cette période d’excès à tout va ? Repensez-y. Car là où le lion compte sur un boost électrique pour combler le manque de couple de son 1.600cc, la Béhème s’équipe du désormais traditionnel 2.0l essence qui fonctionne très bien par lui-même, et lui flanque un moteur de 113 chevaux pour l’aider, ou rouler en solo. Le résultat ? Une poussée qui n’est pas en reste, et surtout un couple naturel qui donne l’impression de conduire une locomotive…en ligne droite.

Au premier virage, on sent de suite que les ingrédients de Munich n’ont pas changé. La direction est vive, le confort est bon (merci les jantes qui ne sont pas sur-dimensionnées, pour une fois). Avec un bon quintal en moins, la 320e a beau reposer sur des trains roulants plus traditionnels, elle n’a pas de quoi rougir. Les relances sont certainement moins rapides, mais le ressenti est similaire : un élastique souple nous tire, plutôt qu’un coup de pied dans le derrière. Plus agréable pour transporter la famille donc.

Alors, qui remporte le duel du jour : la nouvelle venue française ou la traditionnelle allemande revisitée ? Sans hésitation, c’est nous qui en ressortons gagnants. Car dans un monde où les familiales s’embourgeoisent (pour ne pas dire grossissent) et où le plaisir semble ne passer que par le sourire que l’on a en croisant son voisin assis plus bas que nous, c’est bon de voir que le break n’a pas dit son dernier mot.

Avec une consommation basse des deux côtés — merci l’électricité — mais surtout un sourire qui nous est resté sur les lèvres pendant tout l’essai, nous aurions du mal à en choisir une. L’originalité d’une part, la tradition de l’autre. Reste à devoir sortir respectivement 71.000€ et 65.000€ pour les acquérir, mais qui achète encore une voiture aujourd’hui ?


Quelques photos en bonus :

Appendices aérodynamiques et détails fluo : la 508 PSE attire les regards…et les sourires.
Classique cette ligne, mais on ne s’en lasse pas.
Une finition sombre et sobre, mais qualitative. Qui a dit que les Françaises n’étaient pas au niveau des Allemandes ?
Avec un rayon de soleil, ça donne toujours mieux.

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