Reportage | La crème de la crème


Reportage | La crème de la crème

Le meilleur de la France, rien que pour nous ?

On ne va pas se voiler la face. Après les années folles en 1950 où les Deuches arpentaient toutes les routes d’Europe et les décennies suivantes où les références sportives ne portaient que le drapeau tricolore, l’industrie automobile française s’est un peu égarée au début du nouveau millénaire. Entre innovations absurdes et fiabilité douteuse, il était temps de revoir les bases et de remettre les points sur les “I” de la chocolatine.

Comme on n’est pas contraire chez Drivetime, on a décidé de se pencher sur la question. Après le segment des familiales branchées, au tour des berlines présidentielles de passer sur le billard. Qui dit donc haut de gamme français dit haut de gamme routier requis. Bienvenue à Chantilly, pour tester la crème de la crème du parc hexagonal.

Au départ du château favori des amateurs d’équitation, nous prenons le volant de notre monture du jour, la DS9 e-Tense qui représente le fleuron de la gamme DS. Ne dites surtout pas Citroën, car les marques sont bel et bien distinctes, et que ce modèle tient plus de la Peugeot 508 que d’un véhicule aux chevrons. Mais on y reviendra plus tard. Pour le moment, on doit se concentrer sur le trafic qui encadre étonnamment le domaine un samedi à 8h tapantes. Au moins, les pavés ne sont pas tapants avec la suspension pneumatique.

En direction du nord-ouest, les gros châteaux font place aux petits domaines, et les routes alternent entre forêts et champs propices à l’usage de la carabine. Pas étonnant que le sang bleu ait établi ses quartiers dans la région, il y a de ça quelques centaines d’années. Le bitume n’est pas spécialement large, mais le revêtement est correct et le tracé est tout sauf rectiligne, même sur la départementale qui relie Chantilly à Fleurines. En cette saison, les fleurs ne sont pas encore sorties, mais le village montre son plus bel angle sous le soleil hivernal.

Dans les prés hippiques de la sortie du village et les courbes qui suivent, nous trouvons l’occasion idéale pour provoquer les 225 chevaux de la grande berline qui, jusqu’ici, s’est montrée très sobre. Avec l’apport de l’électricité, les relances sont vives et semblent même relativement proches de sa cousine 508 PSE, même si cette dernière pousse plus longtemps. Qu’à cela ne tienne, cela suffit largement pour nous tracter rapidement le long des champs qui se transforment en golf lorsque nous arrivons à Raray.

Qui dit nouveau château, dit petite pause photo pour décortiquer ce qui fait, dans les années 20, une berline haut de gamme. Premièrement, les lignes sont sobres et contenues, avec des proportions somme toute classiques. Pas de réinvention de la roue, pas même de volonté d’en faire un SUV, on garde la recette qui faisait déjà office il y a des lustres, et tant mieux ! Ici, c’est la sobriété qui fait effet, et si chacun trouvera son mot à dire sur X détail ou Y fioriture, on ne peut qu’apprécier l’effort, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Par ces températures frôlant le zéro absolu, n’importe quel intérieur eût fait l’affaire. Mais ici, nous n’avons pas affaire à n’importe quel intérieur. Cuir surpiqué sur la planche de bord, sièges fortement rembourrés, horloge analogique BRM, les ingénieurs français ont décidé de sortir tous leurs arguments d’un coup. Pas de surprise, le confort est le maître mot, surtout associé à la suspension DS Active Scan, qui privilégie l’avalement des bosses à celui des épingles sans roulis.

Néanmoins, dans la forêt de Compiègne, le relief vallonné et les courbes rapides sont avalés sans rechigner. Pas question de retrouver un feeling sportif, loin de là. Cependant, le Président, bien installé sur sa banquette arrière, pourra apercevoir son chauffeur esquisser un petit sourire dans le rétroviseur central. Pas qu’on connaisse personnellement le chauffeur présidentiel et ses goûts, mais on imagine que ce genre de réponse doit le changer des Vel Satis d’antan.

Sous ces auspices, les kilomètres suivants sont avalés sans broncher, mais on aurait peut-être dû rebrancher. En effet, la découverte du château de Pierrefonds se fait quasi exclusivement en mode thermique, la faute à une batterie qui a maintenant elle aussi touché le fond. Pas d’inquiétude, les démarrages se font toujours avec un petit boost survolté, mais au-delà de 20km/h, plus question de se reposer sur les 225 chevaux hybrides.

Dommage, car dans les courbes rapides qui nous attendent, les relances semblent tout de suite plus pataudes. L’allure présidentielle devient plutôt municipale, et cela nous apprendra à rouler sans compter. Il faut en effet admettre que notre tracé du jour fait dans la longueur, et malgré l’abondance de virages de toutes sortes ainsi que la folie des casse-vitesse régionale, avaler ces kilomètres nous a semblé tâche plutôt aisée.

C’est sur cette réalisation que nous sommes donc arrivés à Tracy-le-Val, qui marque la fin de notre tracé du jour : le confort, c’est surtout ce qui ne se perçoit pas. Et aujourd’hui, notre manque de sensations fortes a été contrebalancé par un manque de migraine ou de maux de dos, malgré les plus de 500km enfilés en une journée. La DS9, serait-ce donc le choix du coeur ? Pas vraiment. Mais si prendre soin de vos vertèbres est votre critère n°1 pour une voiture, la Française le fera aussi bien que la concurrence, pour moins cher.

Infos pratiques : 88km | +/-2h de route.

Retrouvez d’autres tracés ici :

Merci à Stellantis pour le prêt de cette DS9 e-Tense Rivoli qui a parfaitement pris soin de nos dos fragiles et nous a même permis de jouer aux aristocrates le temps d’un week-end.

Quelques images en bonus :

Le thème du week-end était “les châteaux”.
Rien à redire, les détails sont travaillés.
À l’intérieur, on est chouchoutés — et même massés.
Les chevaux, on les sent plutôt dehors (au nez) que dedans (à l’accélération).
Visiblement, même le coffre est confortable.
Le traffic du samedi matin à Chantilly.
Bienvenue en France, où les bouteilles de Ricard stationnent en double-file.
Le samedi matin, à Compiègne, on chasse à la courre.
Pendant ce temps, nous, on chasse la cour.

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