
Reportage | Ring Ring
Après une journée à écumer la piste, le téléphone sonne. Une balade supplémentaire ? Volontiers.
Notre itinéraire du jour débute le long de la célèbre Nordschleife, à Nürburg. En partant de là, difficile de choisir quelle route emprunter, tant la région regorge de magnifiques paysages, donc on s’est limités…
Enfin limités à l’équivalent de cinq tours de circuit, pas plus. Ce qui, dans la région, signifie une centaine de kilomètres. Ils ne font pas dans la demi-mesure ces Allemands… Ça tombe bien, nous non plus !



En quittant l’enceinte du circuit, le ton est donné directement. La route 257 est encore froide et un peu gelée, ce qui ne permet pas vraiment de rouler comme notre BMW M140i le souhaiterait. Le manque de pneus neige se fait sentir de suite. Les mains se crispent, mais les zygomatiques se relâchent instantanément.
Müllenbach, Rosenthal et Bodenbach ne déçoivent pas, en alternant épingles, longues courbes en appui et paysages escarpés. Le soleil fait son apparition et réchauffe le tarmac, ce qui offre un peu de grip et détend les avant-bras. On profite alors pleinement de la L70, dont la descente dans les bois rappelle un peu notre précédent reportage en Allemagne, avant de remonter vers Niederhehe.



Haut, bas, gauche, droite, vous connaissez le refrain, et voilà qu’on change de région. Ouste, la Rhénanie-Palatinat, nous voici en Westphalie. Le temps de traverser la rivière Ahr (comme les locaux le prononcent si souvent), d’avaler quelques kilomètres et un bretzel bien salé et nous voici certainement à l’un des plus beaux endroits de notre tracé, une descente tortueuse qui relie Ripsdorf à la forêt de Ahrmühle.
Dans les courbes étroites, sur un revêtement parfait, la plus petite BMW à porter le badge M s’en sort avec les honneurs. Vive en entrée de virage, efficace en sortie grâce aux quatre roues motrices, celle-ci ne pèche que dans les freinages, maladie chronique des Bavaroises. Ce qui ne va pas gâcher notre plaisir non plus !



Après la portion à l’ombre des arbres, les virages serrés font place à une grand route dégagée, qu’on nommera zone de repos. En effet, à Oberschömbach, notre tracé reprend de plus belle, en commençant avec une portion plus rapide, très fluide. Plutôt bariton en sortie d’épingle, le six cylindres devient ténor en bout de ligne droite, en se raclant la gorge à chaque changement de rapport. Jusqu’ici, on n’a toujours pas allumé la sono Harman-Kardon optionnelle.



À Reifferscheid, le rythme coulé continue, et les arbres deviennent plus épineux. “Ça ressemble fortement aux Fagnes belges” dis-je, laissant l’occasion à Thibaut de me rappeler qu’on se rapproche de notre (pas si) plat pays. Car on arrive à Monschau (ou Montjoie, pour les germanophobes), ville frontalière dont les maisons à colombages doivent sûrement vous dire quelque chose. En effet, cette ville fût l’une des seules de la vallée de la Ruhr à ne pas avoir subi de bombardements au début du siècle dernier, et lui offre ce caractère typique des vieilles villes teutonnes. Et c’est sur cette note poétique que notre promenade se termine. Bonne route !






Infos pratiques : 104 km | +-2 heures de route
Merci à BMW Belux pour le prêt de cette très chouette M140i.
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