
Reportage | D’Inor au Sud
Le nouveau char d’assaut teuton part à l’attaque des plus belles routes frontalières.
Lorsque la toute nouvelle BMW X7 s’est rajoutée dans notre planning, nous nous sommes demandé quel type de reportage réaliser. Vu son gabarit, nos petits virages habituels ne semblaient pas tout à fait adaptés, mais nous étions prêts à relever le challenge. Et puis rouler dans un tank, c’est l’occasion de démarrer d’une base militaire non ?



Sur les routes désertes qui mènent au domaine militaire de Jehonville, près de Bertrix, la BMW ne semble pas si large qu’on le pensait. Rassurez-vous, elle n’a pas rétréci, mais les plaques de béton conçues pour les engins de manoeuvre remettraient n’importe quel camion en perspective. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’y trouve pas de beaux virages. Entre les longues lignes droites et les terrains d’entraînement, la base se montre être une super plaine de jeu, et notre seul regret est de ne pas avoir accès à tous ses recoins.
Après les quelques courbes au milieu des bois — où nous ne croisons personne — se cache le village de Blanche Oreille. Nous n’y faisons pas long feu, et reprenons rapidement nos routes champêtres en direction d’Oppagne et Fays-Les-Veneurs. Seuls quelques motards semblent prendre le même itinéraire que nous, mais dans le sens inverse, ce qui nous conforte dans notre décision de visiter cette région qui, une fois la N89 traversée, nous offre une route digne des plus belles vallées belges.





La descente s’amorce très lentement, et le relief ne semble pas très varié, mais la végétation se montre progressivement plus dense. Les feuillus commencent à prendre la place des épineux, et les courbes se resserrent petit à petit. C’est là que nos premières surprises arrivent, à commencer par le comportement de notre char. Royal sur l’autoroute, ce SUV XXL ne semblait pas taillé pour enfiler les virages, même si son kit carrosserie Motorsport lui en donnait le look, mais il n’a pas tardé à montrer qu’il ne fait qu’en redemander. Qui aurait cru qu’avec son moteur diesel et ses 2,3 tonnes, la X7 puisse apprécier autant le courbes ?
Une fois le petit village de Cornette traversé, le char aux quatre roues directrices et aux freins renforcés continue d’attaquer la N816 comme une majorette, alors que son amortissement sur un bitume datant de la seconde Guerre Mondiale rappelle que nous avons plutôt affaire à un boxeur poids lourd. Le filtrage fait oublier les aspérités de la route, et enchaîne les petits ponts comme une gazelle. Et même si ce n’est pas vraiment une gazelle, nous avons cependant croisé un peu de vie animale en bord de route.






Après le village des Hayons, nous retrouvons une route familière de nos lecteurs assidus et participants de notre tout premier rassemblement en arrivant à Dohan, mais nous ne prendrons pas les mêmes routes aujourd’hui. À la sortie du village, nous bifurquons vers la suite de la N816 qui nous a tant plu auparavant, et découvrons de magnifiques virages relevés au milieu des bois, avant de passer par Quatre Chemins (pour une fois) et de prendre une grand route plutôt rectiligne (pour une fois aussi) qui file en direction de la France.
Comme d’habitude, le passage de la frontière française au volant d’un char allemand ne pose pas vraiment de problème, et les routes qui s’ouvrent devant nous s’avèrent désertes. Le passage de Messincourt (le potentiel à jeux de mots est élevé) puis de Pure s’avère calme, en alternant virages et lignes droites au milieu des champs, tandis que nous quittons les grosses départementales à hauteur de Vaux-lès-Mouzon.





Étonnamment, à partir d’ici, le Nord de la France ne ressemble plus du tout à ce que nous connaissons et avons croisé quelques fois, mais plutôt à la Provence. Entre maisons en pierres sèches et pâtures bordées de coquelicots, les habituels bâtiments en crépis sont vite oubliés, tandis que les reliefs de bord de Meuse laissent plutôt la place à des traversées de champs avec quelques virages en aveugle.
Jusqu’à Moulin-Saint-Hubert, nous profitons de la vue et de la balade sans croiser personne, et après non plus d’ailleurs. La D964 se montre entièrement déserte (pendant plusieurs kilomètres), et les premiers habitants que nous rencontrons se trouvent deux villages plus loin. À Inor, connu pour sa gare abandonnée (moins fréquentée que celles de Bruxelles et Paris), nous enjambons la Meuse, qui avec ses dix mètres de largeur n’a pas encore creusé les vallées que nous lui connaissons. Les ponts respectent d’ailleurs les proportions, en se montrant tout pile assez larges pour notre géant de fer.







Après les ponts et rails, l’enchaînement métallique touche à sa fin avant le village de Cesse (ça tombe bien) et la nature reprend ses droits. La météo également, car une fois arrivés à Beauclair, le ciel se montre plutôt moche et sombre. Le comble. Ce qui n’est pas pour déplaire aux vaches que nous croisons en quittant la D947, qui semblent faire une danse de la pluie en observant notre veau.
Le ciel se déchire enfin à Champy-Bas, et le temps d’arriver à Champy-Haut (à 500 mètres), la route s’est déjà transformée en ruisseau. Lors de la descente qui suit, nous bénissons la transmission intégrale de la Béhème, qui même si l’on ne la pousse pas se montre rassurante dans ces conditions dantesques. Les kilomètres suivants seront donc pris à une allure plus lente, mais le boucan des gouttes et du tonnerre se fait tout de même entendre à l’intérieur du salon roulant.





Arrivé à Vaux-en-Dieulet, il est déjà temps pour nous de conclure ce reportage, et de repartir chez nous au volant de ce palace roulant. Oui, le style du X7 est un gros sujet de débat, et non, personne n’a besoin d’un SUV dont la taille n’a d’égale que la calandre. Mais après quelques jours à son volant, il devient difficile de nier l’exploit technique qu’elle représente. Si un véhicule de 2,3 tonnes et 5,15m peut négocier des petites routes avec autant d’entrain et offrir un niveau de confort pareil, alors pourquoi se priver si on en a les moyens ?



Infos pratiques : 81km | +- 1h30 de route.
Merci à BMW Belux pour le prêt de cette X7 30d. Malgré nos réserves concernant son design et ses dimensions, cette machine ne peut qu’impressionner et a survécu à nos épreuves des petites routes sans broncher.
Quelques images en bonus :







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