Reportage | On est passé dans le Journal


Reportage | On est passé dans le Journal

Promis, on n’a rien fait de grave.

Commençons par clarifier quelque chose : chez Drivetime, on n’aime pas trop les titres racoleurs. On ne se permettra jamais de vous induire en erreur pour faire du clic. Par contre, ce qu’on aime, c’est de démarrer nos balades dans des villages qui nous donnent de chouettes idées, ce qui nous a aujourd’hui emmenés à On. Et juste pour le plaisir, on y a allumé nos phares… à On.

Mais assez bavardé, car il est temps de s’installer au volant de notre bolide du jour, la Renault Megane RS Trophy dans une livrée canari. Une fois solidement attaché au fond du baquet Recaro, j’enclenche le mode “Sport” pour donner le ton. L’échappement désormais libéré, les locaux ne peuvent louper notre départ et nous voici à l’attaque de nos premiers virages, en remontant à travers les bois en direction d’Ambly.

Après les bois viennent les champs, et le paysage dégagé incite à ouvrir les papillons de gaz un peu plus qu’à l’accoutumée. Première grande différence avec la version ‘“normale” de la Megane RS, les 20 chevaux supplémentaires sont à trouver plus haut dans les tours, et le 1.800cc turbo ne s’essouffle plus du tout en allant chercher la zone rouge. Pas que les 280 chevaux de base nous aient laissé un goût de trop peu, mais le caractère sauvage de la Trophy invite à délaisser le couple pour tâter des hauts régimes.

Et en parlant de hauteur, nous entamons notre première descente, qui nous amène au village d’Ambly. Pas très grand, et tant mieux, car les routes qui suivent nous plaisent tout autant. À travers les arbres, le soleil se montre moins éblouissant, et nous profitons donc pleinement des courbes rapides que la N889 nous offre. Comme attendu, le grip dans ces virages est phénoménal, et nous voilà plus vite que prévu à Nassogne.

De là, les routes déjà peu empruntées se montrent encore plus vides, et les virages profitant d’un revêtement idéal permettent d’apprécier le travail fourni par Renault Sport au niveau du châssis. Une fois la gomme montée en température, pas une once de sous-virage n’est à noter, et les quatre roues directrices — assorties cette fois d’un autobloquant — se montrent moins intrusives sans entacher l’efficacité du système. Un régal dans les enchaînements gauche-droite à travers champs, où l’on ne se prive pas d’utiliser toute la largeur de la voirie quand la verdure libère le champ de vision.

De vert, il en est d’ailleurs question à Grune, où nous dévions pour éviter de nous retrouver sur la N4. Petit passage à flanc de forêt, et nous prenons la bretelle d’entrée et sortie pour surplomber la Nationale et se retrouver devant le panneau bien garni de Bande, ce qui nous rappelle de jouer du pommeau et remettre la deuxième. En effet, pas de boîte robotisée ici, mais un bon vieux levier qu’il faut manier d’une main solide. N’y voyez aucune allusion au nom du village, évidemment… Où en étais-je ?

Ah oui, à la sortie du village. Et sur la longue ligne droite menant à Lignières, nous profitons de pouvoir relâcher les gaz pour habituer les locaux à la période de chasse. Pas de pétarades à l’échappement ici, mais plutôt une fusillade. Le volume des déflagrations est tel qu’il nous surprend encore, même après trois jours au volant du canari, et aucun doute sur le fait que les villages avoisinants en profitent également.

La prochaine partie, dont nous allons également profiter, est la N888 que nous avions contournée lors de notre tout premier épisode. Reliant Marche à la Roche, celle-ci profite d’un paysage plutôt sympathique, mais aussi d’un relief intéressant, notamment dans la descente suivant les quatre bras de Gênes. L’unique épingle y est entourée de pifs-pafs à foison, et nous quittons seulement celle-ci pour emprunter le col de Halleux. Toujours pas plus de 400 mètres d’altitude, mais des virages qui nous collent la banane, malgré les suspensions ultra-rigides qui butent sur le revêtement dépassé. Qu’à cela ne tienne, le filtrage s’améliore nettement avec la vitesse.

Une fois au sommet, la route nous ramène à Vecmont, et nous traversons la N89 comme dans la Triumph TR3. La première partie, descendant dans les prairies, offre une vue sympathique que nous allons rapidement troquer pour une poignée de virolos dans les bois. Sur cette route de la “Bonne Fontaine”, les enchaînements gauche-droite semblent calqués sur un métronome, tandis que les bois disparaissent pour faire apparaître Mièrchamps, qui porte plutôt bien son nom.

En fin de parcours, la Megane continue de demander à hausser la vitesse, et l’échappement persiste avec ses coups de fusil dans la vallée de Grinchamps. Définitivement pas très originale au niveau des noms de village, la région offre cependant une multitude de virages sympathiques, et les dernières courbes libèrent une dernière fois les 300 chevaux de notre monture. Montée et descente passent très vite, tandis que les maisons apparaissent pour marquer notre arrivée dans… Journal. Vous voyez qu’on ne vous avait pas menti ?

Infos pratiques : 40km | +- 1h de route.

Merci à Renault Belux pour le prêt de cette Megane RS Trophy. Habillée de Signal Yellow, elle n’est peut-être pas camouflée, mais son échappement tire tout de même plus vite que son ombre.

Quelques images en bonus :

Body-building ?
Même si les cols belges ne sont pas très hauts, la vue est tout même sympa.
Entre Recaro sur ressort de béton ou banc en bois, on ne sait toujours pas lequel est le plus rigide.
“Marche” sur “La Roche”… Ca vous dit quelque chose ?
Des routes désertes avec des courbes rapide, on en redemande !
Le volant cuir/alcantara semble avoir un faible pour les virages ardennais.

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