
Reportage | À Coontre Courant
Parce qu’on peut être en vert mais aussi contre tout.
La mobilité électrique, on en entend vraiment parler de tous les côtés. De la trottinette au semi-remorque, il faut croire qu’il n’y a que l’électricité qui nous vient à la bouche. Et vu qu’on n’est pas réticents (d’ailleurs plutôt intéressés) à tenter de nouvelles expériences, on s’est dit qu’il fallait bien tester la Tesla Model 3, mais pas comme tout le monde. Alors plutôt que suivre le courant actuel, on a décidé de l’emmener sur des routes que l’on connaît plutôt bien, mais à l’envers.
Pour marquer le coup, nous avons donc démarré de Coo. Enfin plutôt de Brume — pour être précis — et malgré nos attentes, le temps était au beau fixe au bord du bassin supérieur qui alimente la région en énergie. Et pour les électro-sceptiques, ne vous en faites pas, arriver jusque là n’a pas été un problème du tout. On avait même assez d’autonomie pour aller s’amuser, comme sur la ligne droite qui se dresse devant nous par exemple, où un coup de pied sur l’accélérateur se fait ressentir à l’arrière du crâne. On ne vous l’avait pas dit ? Notre Tesla du jour porte le surnom “Performance”, qui offre 350kW (+/-470cv) et 639Nm de couple disponibles instantanément. Plus amusant à utiliser qu’à lire, croyez-nous.





Après deux petits kilomètres comptant autant de virages, il est temps de s’attaquer à une descente rapide vers le creux de la vallée, et par la même occasion de s’habituer au freinage régénératif de notre monture. Pas besoin de la pédale de gauche en arrivant face à une courbe serrée, il suffit de lever le pied, mais aussi de profiter du comportement dynamique de la berline. Profiter également du silence, en traversant le hameau de Neucy, où la vallée de la Lienne nous attend.
C’est entre les parois rocheuses que nous avons déjà visitées à de multiples occasions que le manque de moteur (à combustion) se fait ressentir pour la première fois, sans tout autant être pleuré. Pas de vrombissement cette fois-ci, mais plutôt une attention prêtée aux mouvements de caisse et au moindre bruit de pneu que nous ne connaissions pas. Ce qui amène un plaisir inhabituel dans les enchaînements qui traversent Chevron et Bierleux, juste avant de remonter vers l’est.



En direction de Rahier, la sensation de déborder de puissance à tout moment rend étonnamment plus paisible que nerveux, et les enchaînements sont négociés sans que les 1.850kg ne se montrent trop ennuyeux. Au contraire, avec les packs de batterie situés dans le plancher, la Model 3 n’a que très peu de véhicules du même segment à envier, tandis que la suspension souple permet de gérer l’état de la route sans broncher malgré les jantes de 20″.
Dans les enchaînements qui nous ramènent vers l’Amblève, la masse non négligeable assortie aux ressorts généreux pêche cependant, avec une direction qui manque de ressenti pour placer la caisse de manière 100% confiante. Loin de nous l’envie de ralentir, mais plutôt celle de cesser d’accélérer pour négocier les épingles qui nous attendent avant et après la Gleize.



Sur le tracé familier reliant la Gleize à Roanne, les courbes s’avalent à un rythme plus coulé tandis que l’équilibre naturel de notre monture demande encore à s’exprimer si l’on effleure la pédale de droite. Minute papillon, attends au moins la remontée de Ruy pour cela, où les arbres cachant le soleil permettront de mieux voir la route. Encore une fois, nous nous rappelons que les journées sans nuages sont plus agréables pour les panneaux photovoltaïques que les yeux, surtout quand on a oublié ses lunettes solaires.
Heureusement, les virages ombragés de la remontée vers Andrimont permettent d’ouvrir les paupières un peu plus pour profiter des enchaînements sur un bitume retravaillé, et de garder un rythme soutenu sans pousser les limites de la Tesla. On dirait que c’est comme ça qu’il faut la tenter. Pas la tenir à la cravache, mais plutôt embrasser les courbes sans trop s’approcher de la limite. Sensuel.




En rejoignant la route de la source de Géronstère, nous voilà de nouveau sur un territoire familier pour une berline bleue mais la traversée de la N62 nous amène aujourd’hui vers Nivezé, pour ensuite remonter vers Sart en empruntant quelques épingles bien corsées. Un peu de grand route, petit passage au-dessus de l’autoroute, et il est temps de finir en beauté avec les lacets de Solwaster.
La dernière fois que nous avions emprunté cette route, c’était lors de notre troisième rallye, et les souvenirs communs avaient été très positifs. Une fois de plus, les changements de relief sont toujours aussi amusants, tandis que les virages à tous types de vitesses permettent de profiter encore une fois de l’équilibre du châssis. Rien à redire sur cette “route de Jalhay”, elle est aussi amusante dans un sens que dans l’autre, tout comme les pifs-pafs qui nous attendent en direction de la Gileppe. Il fallait bien qu’on relie deux sources d’électricité, non ?



Infos pratiques : 57km | +- 1h15 de route.
Merci à Tesla Belgium pour le prêt de cette surprenante Model 3 Performance. Avec le potentiel d’une sportive, celle-ci incite surtout à changer d’attitude, à la fois au volant et en dehors.
Quelques images en bonus :



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