Reportage | À la Reid Maizeroulle


Reportage | À la Reid Maizeroulle

Le coup de la panne ? Pas à nous !

La séduction, c’est un art qui demande des années avant d’être maîtrisé. Pas que nous soyons des experts du secteur, mais c’est ce qu’on a toujours entendu. Certains se la jouent macho, d’autres sensible. Si ça marche pour vous, tant mieux. Ce qui ne fonctionne plus, par contre, c’est le coup de la panne.

La Reid de bus ? Marquer la Reid ?

Histoire de rester dans le secteur de la panne (et pas La Panne), nous avons démarré à la Reid, puisque c’est toujours mieux comme ça. Le but du jour ? Voir si la 500e, pour “électrique”, séduira tout autant les foules. Il faut dire que de l’extérieur, elle s’améliore en finesse et ressemble beaucoup à sa cousine thermique. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne grandit pas. On retrouve quelques centimètres supplémentaires de tous les côtés pour s’accommoder de la batterie, mais l’impression générale reste pareille : une citadine superbe, ravie d’ailleurs par sa couleur qui change selon la luminosité.

Une fois assis à l’intérieur, et pendant les quelques kilomètres qui nous séparent d’Aywaille, on change de registre. Là où la 500 “traditionnelle” nous accueille à l’étroit, la nouvelle génération profite de sa prise de taille pour abaisser les sièges et élargir la planche de bord. Le résultat ? Une atmosphère beaucoup plus moderne, assortie de plus d’espace de rangement qu’un showroom IKEA. L’idéal pour ranger les appareils photo qui nous accompagnent partout.

La visibilité n’est pas optimale en début de reportage, mais cela ne nous arrête pas.

En piquant vers Xhoris, dont le X est aussi silencieux que le moteur, on commence à se pencher sur les capacités dynamiques de cette puce au centre de gravité ultra bas. La route devient sinueuse, mais la pluie décide malheureusement de redoubler d’efforts pour nous ralentir. Qu’à cela ne tienne, on verra directement si l’Italienne est bien née. La traversée des champs est donc paisible, tandis que nous attendons que les arbres protègent le bitume pour y voir plus clair.

Après Hamoir, il est temps de se lâcher. Le bitume parfait de Néblon-le-Pierreux s’accorde parfaitement à nos ambitions d’amusement. Certes, 118 chevaux ne paraissent pas énorme, mais le couple débordant du petit moteur peut rapidement faire saturer le train avant. Évidemment, les reprises sont excellentes (électricité oblige), mais c’est surtout la gestion de la pédale de droite qui donne le sourire. Bien calibrée en mode “normal”, la 500e se pilote comme un moteur atmosphérique, avec une arrivée progressive de la puissance et un plaisir à monter dans les “tours”.

Des courbes parfaites de tous les côtés.

Une autre montée qui nous amuse, c’est celle de Jenneret, qui se profile devant nous. Avec ses lacets interminables et son revêtement presque parfait, le châssis neutre enroule les courbes sans broncher et on voudrait qu’elle ne s’arrête jamais. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, et que rajouter 200kg de batteries sur un châssis aussi court ne fait malheureusement pas de miracle pour le confort, on ne va pas se plaindre de passer à autre chose. Place au Condroz, le vrai.

À Clavier, nous profitons des quelques lignes droites pour tester l’écran XXL placé sur la planche de bord. Bien intégré, celui-ci est facile à utiliser en roulant, tandis que sa définition est relativement élevée. D’ailleurs, avec les flocons gigantesques qui arrivent sur le pare-brise, on dirait bien que celui-ci est plus pixellisé qu’un Commodore des années 90. Cela ne fait que s’empirer à l’approche de Saint-Fontaine, où le paysage devenu tout blanc fait craindre le pire pour l’autonomie de la batterie.

Des flocons énormes et un passage à gué : les ennemis jurés de la mobilité électrique.

“Alors, y a-t-il lieu de s’inquiéter ?”, nous demandons-nous tandis que nous traversons le village à gué. Et bien pas vraiment. Bien que les températures négatives nous font perdre une bonne poignée de kilomètres, la batterie de 42kWh laisse place à la sérénité. En effet, celle-ci comptant 25% de capacité supplémentaire par rapport à ses rivales directes (la Mini Cooper SE par exemple), le sentiment d’anxiété peut être rangé dans la boîte à gants. Il faut dire qu’avec sa consommation relativement faible (16,4kWh/100km sur toute la durée de notre essai), les 300km réels ne sont pas une fiction.

Ce qui soulève une vraie interrogation, alors que nous entamons notre dernière portion boisée dans les alentours de Sorée : qui ferait 300km d’un coup au volant d’une Fiat 500 ? C’est vrai, l’ancienne n’étant pas une référence en termes de confort, la question mérite donc d’être posée. Certainement pas grand monde, car l’Italienne s’est toujours vantée d’être une citadine pure souche. Toujours est-il que si l’envie vous prenait de vous aventurer en dehors des murs de la ville, la 500e vous le permettra sans problème et vous amusera même dans les courbes.

Un dernier petit tour dans les bois avant la fin de notre balade.

Place au verdict donc : sommes-nous tombés sous le charme de cette nouvelle mouture de Fiat 500, survoltée et agrandie ? Sincèrement, oui. Alors que la toute première génération définissait le cahier des charges pour une citadine européenne, la deuxième avait réitéré la recette et à nouveau séduit le Vieux Continent. La troisième prouve ici que c’est dans vieilles carrosseries qu’on fait les meilleurs nouveaux châssis, et cela n’est pas pour déplaire aux dizaines de personnes qui nous ont arrêtés pour complimenter la voiture.

Alors, a-t-on fini à l’arrêt ? Nous a-t-elle fait le coup de la panne ? Même pas. On a évidemment dû faire une pause (rapide) à la borne de chargement avant de rentrer à la maison, mais on roule toujours. Tant mieux, nous avons fini dans le hameau le plus étrange que nous ayons jamais croisé, Maizeroulle. Composé d’un panneau unique et de même pas une maison, il a éveillé notre curiosité. Il faudra y retourner pour en découvrir plus.

Infos pratiques : 72km | +/- 1h30 de route.

Merci à Fiat Belgium pour le prêt de cette excellente 500e. Bien pensée sous tous les angles, elle a tous les ingrédients pour tenir le flambeau de ses ancêtres.

Quelques photos en bonus :

Jusqu’ici, il fait sec.
Ça y est, ça commence à tomber.
L’équivalent d’une mer entière nous tombe sur la tête. Pendant ce temps, les sièges sont fabriqués à base de plastique récupéré dans les océans.
La vie de château.
Des détails réfléchis sous tous les angles. Et cette peinture !
“Je sais pas vous, mais moi, ze roule”

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