Audi A1 | Celle qui nous échappe


Audi A1 | Celle qui nous échappe

Après plusieurs mois de séduction, notre rencontre s’est malheureusement écourtée.

Ca faisait un moment qu’elle nous tournait en tête, cette nouvelle Audi A1. Alors que sa devancière ne nous avait jamais vraiment tapé dans l’oeil, cette récente itération a, dès ses débuts, éveillé nos sens. La recette n’a pourtant pas énormément changé. Une base de Polo avec des finitions améliorées, ça n’a pas grand-chose d’excitant. Mais avec une robe retravaillée, ça donne tout de suite plus envie ! Les courbes font place à un dessin plus travaillé et les références au passé sportif de la marque aux anneaux sont multiples. Alors dès sa sortie, nous avons demandé à l’essayer.

Le problème, c’est que tout le monde avait pensé pareil. “Je n’ai pas de date libre, mais dès que j’en trouve une, je vous recontacte” disait Audi Belgique. Mouais, on la connaît cette rengaine. Un coup de fil quelques mois plus tard confirme notre pensée initiale, pas d’A1 pour nous pour un bon moment. Il va falloir s’armer de patience et attendre la sortie d’un nouveau modèle… qui est arrivé plus vite que prévu !

Appelée Citycarver, cette déclinaison apporte une garde au sol rehaussée et des détails de carrosserie en plastique, façon Allroad. Pas de transmission intégrale, mais plutôt un look de baroudeur qui nous permettrait de faire un reportage retraçant l’héritage de la marque dans le monde du rallye en empruntant des routes de nos paysages ardennais. Pourquoi le monde du rallye ? Parce que la voiture qui a amené les quatre roues motrices sur les spéciales du monde entier partage un élément commun avec l’A1, et il se trouve au-dessus du badge. Les deux petites ouvertures sembleront mineures aux yeux des novices, mais c’est un véritable clin d’oeil aux Quattro S1 qui a le don de nous émoustiller. Et cette même Quattro souffle cette année ses 40 bougies. Alors, qu’en est-il de ce reportage ?

Écourté, un peu comme tout en ce moment. Devoir ramener le véhicule avant la fin prévue de l’essai n’est jamais amusant, mais sans savoir quand sera le prochain, c’est encore plus déprimant. Mais plutôt que de s’apitoyer sur notre sort, nous avons décidé de parler de ce qui aurait pu être. Comme un amour de vacances qui n’a jamais abouti, une bonne partie de notre histoire commune nous a ici échappé. Alors rêvons un peu, ensemble.


Les quelques jours que nous avons partagés nous ont appris plusieurs choses. La première est que l’A1 est vraiment neutre. Quoi qu’on lui jette à la figure, elle ne surprend jamais. En bien comme en moins bien, elle ne nous réserve pas de surprises. Chaque virage sera négocié comme on s’y attend : vite, à plat et sans glisse. Alors pour une voiture neutre, on choisit un pays neutre : la Suisse.

Pour avaler les kilomètres dans les cols de montagne, rien du tel qu’un véhicule neutre. Une bonne position de conduite, un système de navigation à la pointe de la technologie et une direction légère, c’est la recette idéale pour se vider la tête et profiter des paysages enneigés. Dans un monde parfait, le volant remonterait un peu plus d’informations, mais on ne va pas se plaindre non plus.


Un autre aspect de cette A1 Citycarver qui nous a marqué, c’est son moteur à la sonorité rauque. Un trois cylindres, ça fait toujours un son amusant. Certains plus que d’autres, et celui-ci aime particulièrement les moyens régimes. Alors pour en profiter un maximum, on l’emmène entre les roches, les fenêtres ouvertes.

L’endroit spécifique importe peu dans ce cas, ce qui compte est la topographie. Des grandes courbes, un peu rapides, pour profiter de relances à 3.000tr/min seront suffisantes. Le 1.000cc se chargera du reste, malgré un échappement un peu timide. Rien ne sert en revanche d’aller chercher le rupteur, la puissance ne s’y trouve pas. Alors on se contentera de jouer du pommeau de vitesses bien placé pour s’amuser.


La dernière chose à retenir de notre brève rencontre, c’est le tarage des suspensions. Alors que l’A1 “normale” nous a toujours été rapportée comme sèche et un peu trop rigide, cette version profite à merveille de sa hauteur de caisse retravaillée. Le filtrage est optimal, tandis que le roulis n’en pâtit pas vraiment. Quel que soit le rythme, la caisse ne s’écrase jamais en courbe et reste vive tout en laissant oublier les imperfections de nos routes.

Alors pour tester ces qualités au-delà du simple tarmac, on l’emmènerait bien dans le désert. Pas des routes vides, non. Le vrai désert, où le bitume ne perce même plus. Celui où les beaux virages se négocient en travers et où on ne parle plus de nids-de-poule mais plutôt de véritables trous à éviter. Là, on verra vraiment si le ramage de l’A1 est à la hauteur de son plumage.


En bref, notre rencontre — retardée et raccourcie — avec l’Audi A1 s’est avérée prometteuse. Ce qu’on espère maintenant, c’est qu’on aura la chance de la reprendre en main rapidement pour vérifier ces premières impressions et, surtout, aller découvrir de chouettes routes et les partager avec vous. D’ici là, portez-vous bien.

Leave a Reply

Your email address will not be published.