Blog | L’abécédaire des rallyes


Blog | L’abécédaire des rallyes

La saison des balades commence avec un peu de retard. Profitons-en pour partager quelques secrets.

Lorsque nous organisons ou participons à un rallye pour y faire les photos, une question revient toujours : comment faites-vous pour être partout à la fois ? C’est vrai ça, comment se fait-il que nous parvenons à prendre tous les participants en photo à un endroit et puis les retrouver quelques kilomètres plus loin ?

La piste du retourneur de temps d’Hermione a été envisagée par les curieux, mais malheureusement il n’en est rien. Il s’agit plutôt d’un cocktail de cartes et de timing parfait. Alors vu qu’on a un peu de temps à tuer ces jours-ci, on vous explique la couverture d’un rallye en quelques points.


A. La préparation

La première fois que nous avons dû couvrir un rallye pour y faire les photos, en juin 2018, nous nous sommes véritablement demandé comment faire. Photographier 30 voitures, sans timing prédéfini, dans une multitude d’endroits nous semblait être mission impossible. Mais en consultant le tracé complet, nous avons pu dire au revoir à Tom Cruise.

Vous remarquez une similitude sur ces deux cartes ? Le nombre de raccourcis est quasiment infini.

Tout bon rallye qui se respecte emprunte une quantité astronomique de petites routes sinueuses. Et vu qu’on habite dans un pays où la densité de bitume par habitant est énorme, cela ouvre beaucoup de possibilités de raccourcis. À ce moment-là commence donc le jeu du choix des spots photo qui permettent de dépasser le groupe sans qu’il s’en rende compte.


B. Le choix de la monture

La deuxième étape de la préparation est la sélection du destrier du jour. Problème de riche, direz-vous, mais la question mérite d’être posée et souvent, la meilleure option varie en fonction du tracé. Si nous devons nous dépêcher pour rejoindre le troupeau, une sportive est évidemment idéale. En revanche, si le rythme est plus doux, du rangement pour le matériel peut s’avérer utile.

Volume de chargement vs. vitesse de passage en courbe : que voulez-vous privilégier ?

Parmi nos voitures d’assistance favorites, deux modèles ressortent : la Jeep Wrangler et la Fiat/Abarth 124 . Les avantages de la Spider sont multiples, tels que la vitesse, la consommation basse et le fait qu’elle est évidemment très amusante à conduire, mais elle pèche au niveau du rangement. On ne parle pas ici que de volume de coffre, mais aussi d’aménagement intérieur, où l’on range difficilement quatre appareils photo et les snacks obligatoires.

L’avantage d’une Jeep, c’est qu’elle se gare partout et qu’on peut facilement y ranger tout le matos.

La Jeep, quant à elle, offre beaucoup plus de flexibilité d’aménagement si l’on attache les sacs sur la banquette arrière. Et avec ses gros pneus et sa garde au sol record, elle permet également de se garer partout, ce qui est très pratique lorsque l’on est…


C. En rush, tout le temps

Malheureusement, même une excellente préparation ne permet pas de se la couler douce. Souvent, nous privilégions la multitude des spots photo pour offrir un reportage varié et le timing doit donc être parfait. On chronomètre le passage de la première voiture du rallye à chaque endroit et on se tient au courant par l’intermédiaire des talkies-walkies pour savoir quand on doit repartir.

Même si on fait crisser les pneus pour rejoindre le troupeau, on arrive parfois tout pile à un endroit prévu. D’où la photo à moitié ratée.

Des situations où l’on a dû se presser, il n’y en a pas eu qu’une. Parmi les exemples, le Gentlemen Drivers Rallye de 2019 fût une belle aventure. Au volant de “notre” Wrangler châssis court, nous nous sommes perdus dans notre itinéraire et avons dû remonter le tracé à l’envers. L’occasion de faire chauffer la gomme et de se rendre compte qu’une Jeep, ça prend presque autant de roulis qu’une Deuche.


D. L’attente

Après s’être pressés pour attraper la première voiture du rallye au bon endroit vient souvent l’attente. Car bon nombre de fois, les participants ne roulent pas à la queue-leu-leu. Et c’est là que débute la folie, car pas de réception sur nos téléphones et peu d’activités à faire au milieu de la campagne.

L’attente interminable de la voiture suivante… L’occasion de se faire des amis un peu vache.

Le pire dans cette attente, c’est lorsqu’on est seul. Alors pour éviter de parler aux vaches comme on l’a fait pendant nos premiers rallyes où l’on était chacun dans une voiture différente, on planifie maintenant nos spots photo pour deux. L’un d’un côté, l’autre de l’autre pour varier les paysages et les angles. Ca permet au moins de ne pas passer la journée seul.


E. La pause midi

Une journée sur la route, ça creuse. Courir à travers les bois et devoir surveiller la carte et l’heure en permanence, ça donne une dalle incroyable. Alors pour tenir le coup, la pause midi est très importante.

Boire, manger et discuter.

Ce qui compte le plus dans cette pause, c’est de reprendre des forces. Et la remise en forme, ça passe par trois éléments importants. S’abreuver est la première chose et lorsqu’on s’arrête dans les Ardennes, il est important de boire local. Vient ensuite la nourriture, où l’on n’est en général pas trop difficiles. Sandwiches, salade ou petites tartines, on ne se plaint pas trop de ce que l’on a. Mais lorsqu’on organise nous-mêmes, on a un sacré faible pour les burgers. Et enfin, discuter avec les participants est l’ingrédient final. Entre passionnés, on n’a jamais de blancs dans les conversations et on adore en découvrir plus sur les gens qui nous entourent.


F. Les plans foireux

Malgré toute la préparation, il faut parfois se montrer flexible et ingénieux pour s’en sortir. Un spot photo qui donne moins bien en vrai que sur la carte ? Un obstacle malencontreusement au milieu du champ ? La clé est de pouvoir s’adapter.

Plus besoin d’échelle ou de drone, une décapotable suffit.

Deux exemples valent mieux qu’une longue explication. Premièrement, on avait trouvé un chouette virage avec une belle vallée derrière, mais malheureusement, aucun talus ne permettait d’obtenir l’angle souhaité. Qu’à cela ne tienne, si l’on décapote la Jeep, on peut facilement s’asseoir sur le toit et remplacer une échelle oubliée. Un mois plus tard, alors que nous suivions un petit train de Fiat 124 sur une route magnifique, Thibaut se détache (à allure très réduite) et monte sur son siège pour les immortaliser. Le résultat : des photos dignes d’un drone, prise depuis le siège passager.

En écrivant ces sept points, nous nous rendons évidemment compte que notre processus n’est peut-être pas le plus simple. Le plus logique non plus, d’ailleurs. Cependant, il fonctionne pour nous et nous permet de nous amuser, même lorsque nous ne suivons pas le roadbook d’un rallye. Alors si vous voulez essayer, on vous le recommande vivement.


Quelques photos en bonus

Parfois, on arrive à un rallye avant que le soleil ne se lève. Parfois, on organise un rallye sans soleil du tout.
Un branche tombée peut faire office de banc de fortune.
Les aspects pratiques de la Jeep : ça se gare n’importe comment, ça fait office d’échelle et de rangement.
Les rallyes se font parfois en solo, parfois en groupe.
À force de traverser la Belgique tous les weekends, on commence à connaître les endroits de shooting.
En fin de journée, on commence à manquer d’énergie.
Il nous arrive de choisir une monture par provocation.

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