
Mini Cooper SD | À la kart
“On peut vraiment la personnaliser à souhait ?”
Il est 16 heures un jeudi quand je prends les clés de la Mini Cooper SD pour entamer un long week-end. Trois jours de (re)découverte qui ont commencé avec la traversée d’ouest en est de la Belgique. Mauvaise nouvelle, Bruxelles est à l’arrêt (comme d’habitude) et l’E40 aussi. Bonne nouvelle, la belle Anglaise a de quoi faire passer le temps dans les bouchons en jouant au jeu des sept différences avec l’ancien modèle.
À l’extérieur, les principaux changements se trouvent au niveau des optiques. Alors que les phares avant ferment la boucle LED dans les yeux de grenouille, les feux stop marquent la fin de l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’Union européenne en se transformant en Union Jack. Selon une étude menée par nos soins (ni quantitative, ni qualitative), 100% de notre échantillon adore ce changement, malgré une majorité de militants pro-UE de notre côté de la Manche.



À l’intérieur, les instruments se rafraîchissent tandis que la sélection de mode de conduite n’est plus opérée au niveau du levier de vitesses. C’est d’ailleurs en dessous de celui-ci qu’un des gros changements de cette nouvelle Mini se trouve : la boîte de vitesses automatique qui adopte un deuxième embrayage et un huitième rapport. L’idéal pour me sortir des ralentissements qui paralysent notre plat pays. Heureusement, ceux-ci se terminent, et mon trajet d’autoroute aussi. Direction les Fagnes, histoire de pouvoir jouer avec la belle orange (Solaris Orange pour être précis) et passer au-delà du mode Eco.
Dès la bretelle de sortie, mon humeur maussade me quitte. Le soleil pointe son nez, tandis que le tempérament de la Mini se réveille. À chaque fois, je me dis que c’est fou comme ça tient bien le cap. Les kilomètres s’enchaînent, et le très léger sous-virage met en confiance dans les lacets de la vallée de l’Amblève. Pas besoin de la provoquer, la Cooper SD ne remuera pas son arrière-train, en grande partie grâce à sa monture pneumatique, mais ne tirera pas tout droit non plus. La filiation allemande se fait un peu sentir sur ce point.



Là où les gènes béhème se font également sentir, c’est au niveau des freins. La faute peut-être à un modèle d’essai qui a déjà pris quelques kilomètres, mais la pédale de gauche manque de ressenti, tandis que les distances d’arrêt semblent ridiculement longues pour un véhicule de ce gabarit. Surtout équipé du pack John Cooper Works qui lui donne un look de course et quand l’épingle qui se dresse devant moi se rapproche un peu trop vite.
Pas de quoi y rester évidemment, mais de quoi surprendre un peu le grip imprenable de la Mini et chauffer les gommes. Son comportement neutre est ici salvateur. Qu’à cela ne tienne, remettons les gaz vers la courbe suivante, en allongeant la zone de ralentissement dès lors. Sous l’impulsion de l’accélérateur, le 2.0l diesel de 192 chevaux émet un râle discret mais agréable, loin du grondement habituel des chaudières à mazout. Et même en le secouant dans tous les sens, la moyenne dépasse difficilement les 7.5l/100km. Pas mal, compte tenu de son potentiel pour dépasser. C’est loin des 5.2l annoncés, mais c’est surtout deux litres de moins que sa comparse essence. Si vous enchaînez les kilomètres, le choix risque d’être difficile.



Sur cette réflexion, la nuit est tombée et je n’ai pas avancé dans mes autres tâches. Je me dis qu’il est temps de rentrer, et se rappellent à moi les nouveautés que j’avais oubliées dans mon passe-temps sur l’autoroute : les options de personnalisation que Mini met désormais bien en avant. Sur la planche de bord, le drapeau anglais s’illumine et change de couleur constamment, tandis qu’un affichage personnalisable se déploie sur le sol lorsque j’ouvre la porte. Libre à vous d’y écrire ce que vous voulez, pour autant que votre concessionnaire accepte. Alors, qu’est-ce que je choisirais comme message ?
Mais bon, ce n’est pas la question qu’il faut se poser en premier. Car la Mini Cooper SD est-elle un achat raisonnable ? À 43.000€ (options comprises), il est évident que non. Pourtant, elle fait tout très bien, des longs trajets d’autoroute aux petites routes sinueuses, en gardant une consommation correcte. Mais il n’empêche qu’en faire l’acquisition tiendra toujours plus du coeur que de la tête.




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