
Reportage | À la deux
Les premières rencontres ne laissent parfois pas que de bons souvenirs. Mais pourquoi rester coincé sur mes impressions initiales ?
Les attentes étaient très hautes pour notre essai de la Renault Mégane RS fin septembre, et nous étions déjà prêts à réaliser un reportage spécial, en lien avec la voiture et ses caractéristiques. Les Alpes, ça vous parle ? Nous oui ! Lundi matin, je m’en vais chez Renault BeLux pour aller chercher la belle, me demandant quelle couleur allait ressortir au milieu de nos photos montagneuses. Excellente nouvelle, c’est la rouge qui nous attend, et les premiers kilomètres se montrent plutôt prometteurs. Confort en hausse, bruits de roulement en baisse : les aficionados crieront au scandale, mais au bout de 1.500 kilomètres d’autoroute, mes vertèbres me remercieront.
Premier arrêt : Liège, pour embarquer quelques affaires et prendre un dîner en famille. Parfait, le coffre est grand, et le repas délicieux. Il est temps de prendre la route pour aller chercher mon collègue/copilote/souffre-douleur pour les 24 prochaines heures. Je m’assieds au volant et là, HORREUR, plus de rétroviseur droit. Argh. Pas de panique, juste un peu d’énervement. Le camion de livraison qui l’a accroché m’attend sagement pour faire le constat. Comme quoi, les gens honnêtes, ça existe toujours. Retour à la case départ, et retour de la Française chez ses propriétaires avec un mot d’excuse et de la paperasse administrative. “On remet l’essai dans deux mois” me proposent-ils. “Bon ben oui, si c’est la première date disponible.”


L’avantage, c’est qu’au moins, j’ai l’occasion de réessayer la voiture. L’inconvénient c’est que début novembre, les cols de montagne sont enneigés et que le programme s’en retrouve un peu bousculé. Qu’à cela ne tienne, en parlant de secondes impressions, si on retournait à un endroit qu’on a visité enneigé la dernière fois ? Oui, nous nous dirigeons aujourd’hui vers le Nürburgring, terre d’accueil des Petrolheads non seulement pour sa Nordschleife mais aussi pour les routes l’entourant. Pour faire simple nous ferons le même trajet, c’est à dire Monschau-Nürb’, mais avec d’autres routes évidemment. On n’est pas bêtes non plus.






Et vu que les chouettes bagnoles, on aime en profiter, j’ai décidé de réveiller les voisins à l’aube. Départ au lever du soleil, pour atteindre la frontière allemande vers 9h. Visiblement, le 4 cylindres en mode sport a remplacé l’espresso d’Arthur ce matin. Je ne l’ai même pas vu bailler une fois sur l’autoroute, qu’on ne reverra d’ailleurs plus de la journée, car nous attaquons les petites routes qui s’enfoncent dans la vallée de la Ruhr. Menzerath, Imgenbroich, je ne tente même pas de prononcer ces noms, mais essaie de trouver un moyen de dépasser ce camion poubelle. Au fait, qu’est-ce qu’il fout là un samedi ?
Heureusement, celui-ci ne nous ennuie pas longtemps, et nous pouvons commencer à attaquer les petits virages. Sur ce terrain, la Mégane RS est à son aise grâce à ses roues arrières directrices, et semble se moquer du goudron gelé pour nous scotcher au fond des sièges. Ils sont bons ces pneus hiver dis-donc. Une fois passés Hammer, la L106 décide d’enfoncer le clou, avec sa descente pour arriver en fond de vallée. Courbes rapides et lentes, virages en dévers et en banking, l’introduction est intense ce matin. Presque de quoi faire ressortir notre petit-déjeuner inexistant. À la place des croissants, une bonne casserole de spaghettis au goudron, saupoudrée de changements de relief bien épicés.






Évidemment, faire court n’aurait pas été amusant, nous décidons donc de contourner le lac supérieur de l’Eifel, ou Obersee, par le nord. Pourquoi ? Car le sud n’offre quasiment aucune route pardi ! Montée, descente, montée, descente, les reliefs de ce bassin artificiel ne cessent jamais de changer, tandis que nous ne nous lassons pas du grip latéral de cette Mégane RS. La fin du lac est déjà là ? Pas de problème, les virages sont toujours bien là en direction de Heimbach.





De là, le tracé devient un peu plus roulant et nous permet de souffler un peu. Non pas qu’on soit lassés des beaux virages, mais à partir d’un moment, ça fatigue de se faire secouer. C’est une petite vingtaine de kilomètres plus tard, après quelques belles grandes courbes et traversées de forêts aux couleurs d’automne, qu’une des premières surprises du jour arrive. Jamais je n’aurais pensé appeler “sac de noeud” autre chose que mon ennemi d’enfance, mais je n’ai pas de meilleur mot pour décrire l’enfilade d’épingles qui se déroule sous nos yeux. Il faut dire que le relief ne permet pas grand chose d’autre…







En parlant de relief, à peine descendus dans la vallée que nous remontons déjà sur le plateau. Avec un soleil radieux et une vue dégagée, la région est vraiment magnifique. L’architecture locale est discutable, mais au moins on ne la croise pas trop aujourd’hui. On va dire qu’on préfère la nature… et les courbes, qui nous attendent un peu partout. Qu’elles soient larges, comme à Insul, ou étroites, comme à Fuchshofen, ces routes allemandes en zigzag étonneront toujours par leur revêtement impeccable. Enchaîner les kilomètres sinueux au volant d’une sportive ne s’y avère même pas fatiguant, ce qui fait que monture et pilote en redemandent. L’idéal quand on arrive au bord du plus célèbre circuit du monde, non ? Pas de tour pour nous, mais un petit pèlerinage pour apprécier la variété de bolides qui arpentent les 20,7 kilomètres du circuit avant de prendre le chemin de retour.






Lors de celui-ci, nous entamons un petit débriefing alors que je décide de suivre une Porsche 911 GT3 pendant quelques kilomètres. Ok, les fans de la Mégane RS précédente regretteront une suspension plus conciliante et une carrosserie uniquement disponible en cinq portes. Mais ce que la Renault perd en rigueur, elle le gagne en uniformité. À la fois prévu pour le grand tourisme et les enchaînements d’épingles en grande (lisez : énorme) quantité, il est difficile de prendre ce nouveau modèle en défaut, tant l’ensemble moteur-boîte-châssis-direction-suspensions est homogène. Sa vocation ne se trouve peut-être pas sur circuit, mais elle trouve véritablement bien sa place sur la route au milieu des sportives compactes actuelles. Et puis il reste toujours la version Trophy… pour enfin aller tester notre route au milieu des Alpes ?









Infos pratiques : 175km | +/- 3h30 de route
Merci à Renault BeLux pour le prêt de cette Mégane RS qui s’est avéré être un grand succès, malgré un mauvais début en septembre. Nous espérons pouvoir la retrouver dès le retour des beaux jours pour enfin terminer ce reportage que nous voulions effectuer. 🙂
Leave a Reply