Reportage | Comment se taire ?


Reportage | Comment se taire ?

Avec un échappement bruyant et des suspensions rigides, nous avons cherché un bitume lisse et peu emprunté…

…et une fois n’est pas coutume, nous avons démarré à Consthum. D’accord, le Luxembourg, on s’y rend de plus en plus souvent (qui plus est en Fiat 124), mais aujourd’hui, nous resterons pas qu’au paradis fiscal. Au programme, une traversée de trois pays qui rappellera un peu les trois facettes de notre monture du jour : l’Abarth 124GT.

En démarrant du petit village situé non loin de Kautenbach, la météo se montre exécrable et nous entamons la descente vers la frontière allemande en empruntant la route 320 au milieu des bois. Devant nous, une Peugeot 206 impossible à rattraper. Jusque là, rien d’inhabituel, mais celle-ci se trouve sur le plateau d’une dépanneuse qui, malgré nos 170ch explosifs, s’avère plus rapide que nous. La gravité, peut-être ? Une fois passée la frontière sur le pont de l’Our, la remontée permet à la cavalerie de s’exprimer librement. Entre épingles et courbes rapides au milieu des champs, le train arrière s’énerve, ce qui relaxe de suite les zygomatiques. Pas si mauvais comme journée, finalement.

Départ près d’une chapelle, où le cierge allumé par nos soins n’a malheureusement rien changé à la météo.

Pour la suite de la remontée, la végétation se dégage, mais pas le temps qui reste gris. Qu’à cela ne tienne, les courbes s’enfilent et le relief varie en permanence. L’impression d’être encore au Luxembourg reste coincée dans notre esprit, tellement la région est similaire. La seule différence, c’est que certaines jonctions de routes ne sont pas aussi lisses. C’est très subtil, mais nous le remarquons grâce au hard top de la belle Italienne. Si celui-ci nous protège bien de la pluie, il s’avère bruyant dans les nids-de-poule et autres variations de revêtement, la faute à un essayeur précédent qui a endommagé le joint d’isolation. Pas grave, s’il faut faire du bruit pour couvrir les tremblements, la solution se trouve sous le capot.

Des courbes partout, partout, partout.

Une fois descendus dans la vallée de la Wahlbach, les quatre gamelles gavées au turbo résonnent entre les parois rocheuses et font probablement fuir toute vie animale dans le coin. Les chasseurs en bord de route nous regardent de travers, nous en remettons donc une couche pour ne pas rester trop longtemps dans le coin. La région mériterait qu’on s’y attarde pourtant. Les paysages y sont très beaux, et les virages varient les angles et le relief en permanence. Mais arrivés à Krautscheid, il est temps de remonter et entamer un détour que certains jugeront inutiles. Mais si vous nous avez suivis jusqu’ici, c’est que les détours ne vous dérangent pas.

Une journée dans les nuages, ça vous dit ?

Dans le cas de ce détour-ci, on l’a surtout pris pour sa portion en forêt qui offre énormément de courbes rapides, avec une visibilité normalement parfaite à travers les troncs d’arbres. La brume enlève cet avantage, mais les quelques épingles peuvent tout de même passer en travers. Une fois l’antipatinage désactivé, les pneus crissent et le contre-braquage vient naturellement. Ce faux roadster aux origines métissées prouve encore une fois que la puissance n’est pas nécessaire pour tracer de belles bananes sur la route. Elle rappelle également qu’avec deux tiers italiens et un tiers japonais, on peut obtenir un bon cocktail, très explosif. Comme dans les épingles menant à Waxweiler par exemple.

Sur notre traversée vers l’ouest, les virages s’enfilent aisément et nous croisons quelques maisons typiquement allemandes (entendez par là du crépis mauve et une porte de garage orange). Il est cependant temps pour nous de rentrer dans notre pays d’origine et de retrouver nos nids-de-poule habituels. Mais avant cela, la route frontalière de Diepert nous attend. Un véritable chef-d’oeuvre, qui comme son nom ne le laisse pas deviner, abrite une multitude de courbes au milieu des bois. Alors que la prudence est de mise, sur les feuilles mortes et les épines, nous pouvons compter sur le tracé désert pour nous amuser, et nous arrêter pour quelques photos. Et refaire le chemin quelques fois…

Fin de tracé sous une pluie battante à la frontière germano-belge.

Après cette portion intense, la suite belge se montre à la fois plus reposante au niveau de la direction mais plus éprouvante pour les suspensions. À travers les villages de Burg-Reuland, Bracht et Grüfflingen, nous reprenons petit à petit nos esprits et nous dirigeons vers notre destination du jour dans un mélange de craquements du toit et de pétarades de l’échappement. L’un est agréable à l’oreille, l’autre moins. Devinez.

Et après plus de 120 kilomètres plutôt intenses, nous voilà arrivés à Commanster, parce que cette Abarth, il faudra bien lui apprendre comment. Vous l’aurez deviné, ce jeu de mot est dirigé au joint d’isolation manquant, mais pas à l’orchestre sous le capot. Même si l’on ne connaît pas exactement l’origine de notre migraine de fin de journée, la source de notre sourire est elle bien identifiée. Alors quand ça secoue trop chez nous, rendez-vous dans nos pays voisins !

Infos pratiques : 121km | +/- 2h15 de route.

Merci à FCA Belux pour le prêt de cette Abarth 124GT très amusante. Ce n’est pas parce qu’elle ne supporte pas les routes belges qu’elle ne nous a pas plu.

Quelques images en bonus :

Non, on ne se balade pas toujours seuls.
Ça serait marrant d’avoir un garagiste nommé “Belgian” chez nous.
Pas de gilets jaunes chez nos voisins allemands, mais peut-être pas moins de violences.
Que se trame-t-il là-bas ?
Le rangement, ça ne s’improvise pas.
Un tracé enneigé ? Pas cette fois-ci…
Une maison de couleur neutre en Allemagne, c’est rare.

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