
Reportage | En Sicile, chez Rocky ?
À l’occasion de la présentation de la nouvelle Jeep Cherokee, nous partons à la découverte des routes pavées (ou non) qui traversent le sud de la Sicile. Alors, l’Italie prend-elle des accents yankee, ou est-ce plutôt l’inverse ?
Notre point de départ du jour se trouve à Catane, au sud-est de l’île italienne. C’est en effet sur les terres de Vito Corleone que Jeep a décidé de présenter la mise à jour de son SUV “moyen”. Avec ses nouvelles optiques plus classiques, ses évolutions sécuritaires et une gamme de moteurs rafraîchis, les vignobles semblent dresser un ruban d’essai qui lui est tout destiné. Mais sortons d’abord de la ville pour rejoindre des routes de volcan.





Sur le petit tracé d’autoroute, la transformation par rapport à “l’ancien” Cherokee se fait déjà sentir : moins de bruit de roulement, un filtrage de suspension plus permissif et un écran de GPS qui ressemble enfin à quelque chose. Ça va dans le bon sens, et nous aussi, disons-nous en nous dirigeant vers le village (entendez ruines) de Scordia. Bon, certains habitants n’ont clairement pas la même notion d’entretien domestique que nous. Après, on ne vit pas sous 35°C pendant les deux-tiers de l’année, nous.
Et voici que notre tracé du jour commence par une ascension en direction du Sud. Pas de véritable nom pour les montagnes ici, car il y en a trop. Pas de véritable plaque d’immatriculation non plus sur notre véhicule d’essai, fait remarquer le Carabinieri. Je baragouine trois mots d’Italien et m’en sors avec un “Bella macchina” en guise d’avertissement. Mon copilote allemand n’en revient pas. “Zis vould not be possible in Deutschland”. Je sais mon ami, c’est pour ça que les présentations internationales préfèrent la Méditerranée à la Bavière.






Qu’à cela ne tienne, notre route se poursuit et croise quelques villages un peu déserts. Filididonna en fait partie, tandis que Militello in Val di Catania déroge à la règle, avec ses passants curieux pendant que je prends quelques photos. Allez expliquer à la Nonna locale que les changements principaux se trouvent au niveau des optiques avant et arrière, et sous le levier de commande de boîte. Je me contente d’un pouce en l’air, elle aussi, et nous reprenons la route vers le Sud. Les courbes s’enchaînent, tandis que la Cherokee montre une nette amélioration au niveau du maintien de caisse. Là où l’ancienne tanguait, la nouvelle resserre la ceinture et garde le cap sans problème.
Un bémol : comme d’habitude, chez Jeep, la direction garde un toucher très flou, et malgré que nous n’avons sous les mains que le “petit” Cherokee, il n’est parfois pas évident de cerner les dimensions du bestiau dans les virages serrés. D’ailleurs les plantes qui entourent la route en prennent un peu trop possession ici. On reparlera de la direction un peu plus tard, je me concentre d’abord sur l’assiette de spaghetti qui m’attend quand je jette un oeil au GPS.





Pif, paf, après une petite centaine de kilomètres, il serait peut-être temps de rejoindre la côte pour se détendre un peu. “Alors Hans, elles sont comment nos routes ?” Le regard fatigué de notre teuton du jour en dit beaucoup, mais il en redemande pour demain… Tant mieux !
Le lendemain cependant, pas spaghetti mais plutôt un gratin de rondins sur son lit de boue et de poussière. En territoire Jeep, on n’hésite jamais à se salir les bottes, et c’est là que la souplesse du volant se fait comprendre. Pour enjamber des rochers de 40cm de haut, on retire le “direct” de direction et on préfère troquer une tranche de précision pour un confort un peu moins précaire. Les flaques d’un mètre de profondeur et les chemins de forêt rigolaient jusqu’ici des SUV, mais pas de celui-ci. Même les modèles traction iront plus loin que la plupart des crossovers actuels. Alors même si les 4×4 à toutes les sauces on en a un peu marre, il faut reconnaître que le constructeur qui a envahi l’Europe il y a 70 ans peut se baser sur son historique pour promouvoir ses nouveaux modèles.





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