
Reportage | Escale à 8.000
Sur les côtes du Nord de la France, on ne risque pas de caler.
La région ne nous est pas spécialement familière, mais la Jeep s’y sent comme à la maison. Quelques 75 ans après ses premiers tours de roue en Europe, le libérateur retourne sur les plages du débarquement. Mais quel chemin a été parcouru depuis ! En sept générations, le Wrangler a pris du poids, et a surtout gagné en confort. Alors pour vérifier ça, nous avons pris la route dans le hameau de Tape-Cul, qui porte plutôt bien son nom.



Situé sur les hauteurs d’Escalles, pourtant pas si hautes que ça, le village se retrouve plongé dans un nuage épais qui camoufle sans peine la peinture grise de notre monture. Les premiers kilomètres s’enchaînent donc avec prudence, entre longues lignes droites en solo et petits virages où l’on peut parfois croiser l’un ou l’autre promeneur. La route continue en direction de Sombre, où la météo ne s’améliore toujours pas, tandis que les qualités routières du char d’assaut font toujours mouche. Il aura fallu sept décennies pour y arriver, mais sachez qu’il est possible de mener un mastodonte pareil à la cravache dans des enchaînements. Ca nous épatera toujours.
À travers les petits villages que nous traversons, nous profitons de voir un peu plus loin que le bout de notre capot et admirons les bâtisses en pierres du pays. C’est clairement plus beau que le crépis luxembourgeois, et ça pique moins aux yeux. Par contre, le relief est sacrément moins appétissant, et il faudra se réveiller tôt pour trouver quelques belles remontées en épingles. Qu’à cela ne tienne, on est là, autant en profiter. D’ailleurs le soleil pointe le bout de son nez !




On vous parlait récemment d’altitude, voici quelques surprises. Malgré que le GPS nous indique très peu de changements d’élévation, nous voilà déjà à Wissant. Et le temps d’oublier cette mauvaise blague, nous en sommes déjà sortis. En direction de Tardighen, nous empruntons les petites routes, qui s’apparentent parfois à des chemins abandonnés, vu le silence qui y règne. Même le vent de l’Atlantique peine à troubler le calme plat qui y règne.
À Audinghen, il est temps pour nous quitter les champs et de se rapprocher un peu de l’océan. En route vers le Cap Gris-Nez, où les quelques petits virages qui s’enchaînent dévoilent un roulis bien présent mais tout à fait contenu. Cela peut parfois faire crisser les pneus, même à 30km/h. À ce moment-là, les têtes se dévissent d’un air fâché, mais le capital sympathie du grand-père des 4×4 reprend toujours le dessus. Arrivés au Cap, notre tentative de point de vue est un peu ratée, avec une grande foule et une touche de brouillard qui revient à grand pas.



Demi-tour donc, et nous reprenons la route en direction du Sud, tout en profitant du soleil qui ramène des couleurs sur un paysage un peu terne. Et à peine avons-nous le temps de nous en rendre compte que les alentours sont déjà gorgés d’une superbe lumière de fin de journée. Probablement un signe divin, voici qu’un chemin menant à une petite plage se dresse devant nous. Parfait pour quelques photos, et pour poser les roues en dehors du tarmac.
Sur les galets bien glissants, la Jeep se réveille et rappelle à tous que c’est ici qu’elle se sent à l’aise. Pas une ombre du contrôle de traction sur le tableau de bord, la transmission intégrale ne bronche même pas lorsqu’il faut remonter une petite marche boueuse afin de reprendre la route, tandis qu’elle s’efface instantanément lorsqu’il s’agit de reprendre la route vers Slack.



Nos derniers kilomètres sont alors bercés d’une superbe lumière qui, bien qu’éblouissante, rend la balade tellement agréable. Il faut l’avouer, la Côte d’Opale n’est pas vraiment le paradis des amateurs de belles routes. Trop peu de relief, trop peu de virages… Peut-être trop peu de routes tout simplement ? Mais ce que cette région n’a pas en courbes, elle le rattrape en paysages et en héritage. Impossible de ne pas s’émerveiller devant ces grandes plaines laissées sauvages, probablement en hommage aux batailles qui y ont eu lieu le siècle dernier. Et puis quand on s’y balade dans le véhicule des Alliés, on ne peut s’empêcher de s’y croire, se prendre pour un sauveur du Vieux Continent. Mais cessons de jouer aux héros, il est temps de rallier l’arrivée de notre tracé. Aujourd’hui, nous faisons Escalles à Wimille.



Infos pratiques : 33km | +- 1h de route.
Merci à Jeep Belux pour le prêt de ce Wrangler Unlimited 2.2 CRD. Même sur des routes imparfaites et dans une météo douteuse, il parviendra toujours à nous coller un grand sourire.
Quelques images en bonus :




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