
Reportage | Hop Hop Up!
La motivation du dimanche après-midi n’est pas toujours présente.
La pluie et le vent ont rarement raison de notre motivation pour aller rouler. C’est vrai, nous avons bravé quelques tempêtes par le passé pour découvrir des régions inconnues, mais aujourd’hui, il semblerait que la flemme prenne l’ascendant sur les éléments. Pas que nous ayons oublié le plaisir que conduire peut nous apporter, mais plutôt que les éléments à notre disposition semblent un peu basiques. Non, on ne s’attarde pas trop sur les chiffres en général, mais la dernière fois qu’on s’est réjoui de tester une traction de 83 chevaux, on avait toujours un “L” collé sur la lunette arrière… À tort.
Ce petit chiffre cache en fait un autre, plus intéressant. Dans cette Volkswagen Up! avec un look assez classique — hormis la couleur — se cachent en fait 212Nm de couple disponibles immédiatement. C’est-à-dire 12 de plus qu’une GTI, et tout ça avec trois cylindres de moins. Nous avons aujourd’hui affaire à une e-Up! dont le “E” trahit l’addiction à l’électricité, si vous n’étiez pas au courant. Alors sortons du canapé et allons voir ce que ça donne.


Le premier élément déconcertant dans une voiture électrique, en général, c’est l’interface. C’est vrai, entre les Tesla minimalistes et les BMW futuristes, il faut bien avouer que le design intérieur des véhicules branchés sort de l’ordinaire. Pas de ça ici, nous sommes bien installés dans une VW Up! tout ce qu’il y a de plus classique, et seul le silence au démarrage trahit une motorisation différente. Pas de surprise donc en rejoignant les petites routes sinueuses que l’on connaît bien.
Pour faire honneur à notre véhicule (et à notre énergie débordante), notre tracé du jour sera donc petit, mais profitera également du gabarit réduit de notre voiture pour se faufiler dans des virages qui refroidiraient l’une ou l’autre caisse plus imposante. Nous voici à Hayen, et nos premiers tours de roues mélangent électricité et eau, pour prendre un peu de risques. Rassurez-vous, il ne s’agit d’abord que d’une petite route à travers les champs, traversée par quelques flaques.




Pas de grosses épingles ici, mais plutôt un ruban d’asphalte récemment refait qui traverse des champs au relief curieux. Les bosses y semblent dessinées par un enfant imaginatif, et nous devons nous rappeler de garder les yeux sur la route pour slalomer entre les petits ruisseaux. L’averse s’est terminée quelques minutes avant notre passage, mais ses traces sont toujours présentes. On se concentre donc et on tient bien le volant.
Grosse différence entre l’e-Up! et sa cousine GTI, le caractère est beaucoup moins explosif. Là où la voix rauque de l’une couvre le bruit du vent, le sifflement de l’autre aurait plutôt tendance à l’augmenter. Et toute la personnalité du véhicule s’en trouve chamboulée. Dans le virage qui arrive, on oublie les gros freinages appuyés suivis d’une remise de gaz chargée. Ici, il va plutôt être question de lever le pied de manière prévoyante et laisser la régénération nous ralentir. Et profiter du calme qui règne dans l’habitacle.




Parlons justement du calme. Car s’il y a toujours une chose qui bluffe quand on s’assied dans une Up!, c’est le niveau de confort qui y règne. Pas de grincement, pas de plastiques au toucher léger et quasiment pas de bruits venant de l’extérieur. Dans l’e-Up!, ces qualités sont exacerbées par le silence du moteur, et on se retrouve dans une autre dimension. Une dimension clairement adaptée à la ville, c’est clair, mais une dimension qui nous a déjà emmenés en bas de la côte de Dolembreux sans même s’en rendre compte. Alors prolongeons le plaisir en attaquant une remontée plus épicée.
Après une rapide traversée de la scierie locale et un regard rapide vers les locaux du brasseur, la petite route qui démarre de Méry secoue plus que ce qu’on imaginait. Le confort est toujours présent, mais les multiples réparations du bitume remontent tout de même dans le volant. La direction n’étant pas la plus détaillée, nous gardons un rythme doux, mais il faut quand même bien qu’on vérifie la présence du couple en sortie de virages lents. Spoiler alert : les 212Nm sont bien là, mais n’arrachent pas les yeux comme on pourrait l’imaginer. Ici, il est plutôt question d’efficacité que de sauvagerie.




Sur les kilomètres qui suivent, les feuilles semblent plus couvrir notre chemin que le tarmac, tandis que le voyant d’ESP s’allume régulièrement. Notre rythme est toujours coulé, mais les pneus éco agrippent moins que ce qui est nécessaire aujourd’hui. L’occasion de découvrir que la Up! garde toujours un tempérament prévoyant, même avec quelques kilos de batteries dans le plancher. Elle perd malheureusement un peu de son côté décalé qui la rendait si charmante.
Alors qu’est-ce qu’on en pense de cette cacahuète survoltée ? Que pour la ville, elle est parfaitement née et s’améliore énormément. Entre le silence, le confort d’utilisation et une autonomie vraiment correcte (230km réels), difficile d’imaginer meilleur compagnon urbain. Malheureusement, en dehors, la e-Up! ne fait que remplir son cahier des charges (avec brio) et ne convainc pas autant que sa cousine nourrie au pétrole. Il manque juste une petite étincelle (dans tous les sens du terme), mais on y est presque. Alors oui, elle valait la peine de se relever du canapé, mais pas pour rouler trop loin non plus.




Infos pratiques : 7km | +- 20 minutes de route.
Merci à Volkswagen Belgium pour le prêt de cette chouette e-Up! Même s’il n’a pas été question d’amour fou entre elle et nous, il faut reconnaître que cette cacahuète est probablement une des seules électriques de cette catégorie qui vaut vraiment la peine.
Quelques images en bonus :





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