
Reportage | Huy Foy
Ne dit-on pas “jamais sept sans huit” ?
Certains évènements semblent marquer notre existence très sérieusement. On se souvient tous de ce qu’on faisait le 11 septembre 2001 par exemple. D’autres semblent…moins frappants. Comme le lancement de cette nouvelle Golf. Ce n’est pourtant pas parce qu’on ne se sent pas concernés. Parmi nos lecteurs, il y a fort à parier qu’on retrouve plus de passagers du blockbuster allemand que d’un vol transatlantique. Alors pourquoi le lancement de cette huitième génération, qui évolue fortement sur plusieurs fronts techniques et technologiques, n’a-t-il pas plus marqué les esprits ? Partons réfléchir à tout cela.


Afin de célébrer cette huitième itération de la Golf, notre point de départ du jour se trouve à Huy. Quelques 120 kilomètres de petites routes nous attendent, et en cette journée ensoleillée, il serait bête de dire non. La traversée de la petite ville s’effectue rapidement, et nous nous dirigeons vers Modave afin de découvrir quelques petits virages. Mais avant ça, le feu rouge interminable fait remarquer une première chose à propos de notre monture : le Start & Stop ne semble jamais à court de souffle, grâce à la batterie de 48V (et presque autant de centimètres de longueur) située sous le siège passager.
Oui, la Teutonne fait désormais partie de la catégorie des hybrides légères et son bloc 1.5 eTSI se vante d’une consommation en baisse notable. Et si le bloc se coupe parfois même en montée légère comme à Roiseu, on aurait tendance à le croire. Le petit moteur de 0.9kW aide d’ailleurs aussi dans les relances, sans toutefois se montrer fulgurant. Pas de mode tout électrique ici, juste un petit boost qui annihile les dernières petites hésitations de la boîte DSG. Pas de révolution donc, mais plutôt un changement qui fera plaisir à la longue.



Au large de Saint-Fontaine, déjà croisé dans le passé, les routes rectilignes permettent de se concentrer sur l’habitacle changé de la compacte. C’est ici que les gros changements esthétiques ont été opérés, et on peut vraiment dire que la Golf a désormais fini sa crise d’adolescence : plus un seul bouton en vue. On exagère un peu, mais en comptant bien, il ne reste plus que sept poussoirs dans l’habitacle, démarreur inclus. Tout le reste est passé sur les écrans — d’excellente qualité — ou sous forme de zones tactiles.
Le choix du design épuré a donc pris le dessus, et la qualité perçue est en nette hausse, même si la précédente génération n’avait pas grand chose à se reprocher. L’intuitivité, elle, en prend un sacré coup. D’accord, les menus sont clairs et on se pose pas trop de questions par rapport au fonctionnement général. Cependant, régler la clim en roulant ou changer de source audio requiert une bel écart du regard, et parfois de la trajectoire. C’est peut-être pour cela que Volkswagen met les bouchées doubles sur les aides à la conduite ?


Mais en parlant de conduite, comment roule-t-elle, cette Golf ? Pour parler de cela, il faut d’abord aborder les caractéristiques historiques du best-seller. Jamais trompeuse, la Golf a toujours préféré se montrer neutre, à l’inverse de son pays d’origine. Un peu sous-vireuse mais pas trop, la nouvelle itération se montre tout aussi sécurisante qu’avant, mais avec une vivacité qu’on ne lui connaissait pas vraiment, du moins dans les versions non-sportives.
Dans le sinueux vers Nettine, la direction est beaucoup plus incisive qu’auparavant et les enchaînements se font sans broncher. Une fois le sélecteur de vitesses passé en “S” (on ne peut plus vraiment parler de levier), aucune hésitation non plus de la part du moteur. Les relances sont instantanées et l’électronique ne rechigne jamais à rentrer un rapport ou l’autre lors des freinages. Freinages qui posent question d’ailleurs, comme souvent dans les véhicules hybrides. La transition entre régénération d’énergie et les vrais disques se fait clairement ressentir, et la course variable de la pédale de gauche peut entacher la confiance… mais pas assez que pour gâcher notre plaisir sur ces superbes routes condrusiennes.



L’ingrédient secret de la recette ? Les suspensions pilotées DCC qui feraient passer les jantes tantôt pour du 13″, tantôt pour du 21″. Avec une alternance aisée entre confort et sportivité, cet aspect du véhicule donne entièrement confiance en l’informatique. Pas besoin de chipoter dans les menus, le filtrage se montre toujours conciliant. Quant à la prise de roulis, on la ressent, mais on ne la combat pas. Un peu de mouvements de caisse, de temps en temps, ça n’a jamais fait de mal à personne. Les bénéfices se font ressentir dans le détour des grottes de Hotton, imparfaitement surfacé.
Les kilomètres se suivent et ne se ressemblent pas dans la vallée de Rendeux, tandis que nous arrivons bientôt à hauteur de Cielle. Lorsqu’on est dans le coin, une petite visite par la route du Paradis est toujours obligatoire, même lorsqu’il s’agit d’un petit détour. Dans les spaghettis ardennais, la Golf ne flanche pas, mais n’éblouit pas non plus. Le soleil se charge de cela.




Une fois la Roche passée, nos derniers kilomètres nous emmènent vers Nisramont et varient le relief une fois de plus. Entre les montées sinueuses et les descentes escarpées, un petit regard se jette sur le tableau de bord. Une moyenne de 6.1l/100km pour une après-midi de route à un rythme élevé ? Ce n’est pas mal. Pas frappant, il est clair, mais un litre de moins peut représenter de sacrées économies à long-terme.
Ce qui est frappant, par contre, c’est l’agrément de conduite qui ne souffre aucunement de cet ajout de technologie. Avec un couple maximal disponible dès 1.500trs/min, une boîte qui semble lire dans nos pensées et un plaisir en hausse, il est difficile de trouver de quoi se plaindre de cette nouvelle Golf objectivement réussie. Alors pourquoi n’en parle-t-on pas plus ? Peut-être parce qu’après huit générations, on se lasse un peu. Les chercheurs de nouveautés seront donc ravis d’accueillir l’ID.3 à l’automne. En attendant, on nous a encore prouvé que retravailler une recette l’améliore à chaque fois. Même quand on la fait Huy Foy.



Infos pratiques : 118km | +- 2h30 de route.
Merci à Volkswagen Belgique pour le prêt de cette nouvelle Golf, frappante de technologie mais toujours aussi familière.
Quelques images en bonus :




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