
Reportage | Le Grossglockner
Un mot compliqué pour dire “route de rêve”.
Si je vous parle de la route du départ en vacances, vous pensez certainement à l’autoroute du Soleil, des coups de klaxon et un rythme qui oscille entre 1 et 12km/h. Mais savez-vous que certaines destinations permettent de varier les plaisirs ? Pourquoi ne pas échanger la Côte d’Azur pour l’Adriatique ? Si c’est le cas, il y a fort à parier que vous devrez vous farcir la traversée de l’Allemagne (et on sait que vous détestez tous l’Autobahn) mais également l’Autriche. Et qui dit Autriche dit Yodel, Schnitzel mais également montagnes. Bienvenue dans les Alpes !


Après une brève étape à Zell am See pour la nuit assortie d’une excursion en bateau sur le lac, l’activité du jour consiste à avaler 47,8km de routes de montagne avant de reprendre gentiment le chemin de la mer. Et quelle route ! La Grossglockner Hochalpenstrasse — ou la Haute route alpine du Grossglockner — n’est ni plus ni moins que le col le plus haut de toute l’Autriche. Prenant ses origines depuis une voie romaine, elle existe dans sa forme actuelle reliant les provinces de Salzbourg et de Corinthie depuis près de 90 ans. Elle traverse le massif de Hohe Tauern et est régulièrement reprise dans le classement des routes à faire dans sa vie… Ce qui explique peut-être le tarif de 38€ à payer pour y accéder. Mais est-ce une bonne affaire ?
Du côté de Ferleiten, les premiers kilomètres se passent dans le calme préconisé par les pluies noctures, tandis que le moteur se met en température. Mon trois cylindres turbo n’a pas encore été étrenné à si haute altitude, alors je suis prêt à titiller le rupteur s’il le faut. Entre les roches et les chutes d’eau, il n’est pas trop difficile de ronger son frein et de profiter de la nature environnante. Mais nous voici déjà au poste de péage et les voyants sont tous passés au vert. Il est temps de vider le portefeuille et le réservoir !



À travers les arbres avec un fond de glacier droit devant, les premiers kilomètres s’avalent assez facilement. Pas de virages serrés ici, mais plutôt une portion fluide dont la pente augmente graduellement. La puissance n’est ici pas encore nécessaire, et les aires situées tout au long de l’ascension se montrent bien utile pour s’arrêter et constater les changements de végétation.
Une fois la première épingle passée, c’est une tout autre série de changements qui s’opère. Premièrement, des changements d’inclinaison qui impliquent d’oublier les quatrième, cinquième et sixième rapports. Ensuite, un changement brutal des végétaux en minéraux, et l’impression d’arriver dans un décor lunaire. Qui s’est donc amusé à tailler les pierres dans des formes pareilles ?


Une fois l’effet de surprise passé, le col devient de plus en plus familier. Les épingles se rapprochent, les cyclistes ralentissent et la mécanique prend des tours avec plaisir. Comment se porte la monture ? Très bien, merci pour elle ! Le poids plume aide à compenser le manque d’oxygène, tandis que le grand dadais derrière le volant prend son pied tout en le faisant changer de pédale de plus en plus fréquemment. Et dire qu’on pourrait être dans les bouchons.
Après une vingtaine de kilomètres, le sommet arrive malheureusement un peu vite. L’histoire de prendre un peu l’air après tous ces changements de direction et de constater que les 2.500m d’altitude ne conviennent pas tout à fait au short que j’avais enfilé en bas. Qu’à cela ne tienne, grimpons encore un peu pour atteindre l’Edelweißspitze, la voie sans issue en pavé qui offrira un panorama à couper le souffle.


Une fois à 2.571m, il ne devient plus possible de monter, et nous voici donc à la fin de notre reportage. Enfin, il reste toute la descente vers Heiligenblut et ses multiples épingles sur un bitume légèrement plus large. Un vrai régal aussi. Mais alors, cela valait-il les 38€ de début ? Oui, sans hésitation. Pour un panorama, un revêtement et un plaisir pareil, on le referait même bien. Pas sûr en revanche que ma passagère accepte de faire demi-tour juste avant de passer la sortie. Ce sont quand même les vacances pour tout le monde.



Infos pratiques : 48 km | +- 1h20 de route (si vous n’enchaînez pas avec d’autres cols)
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