Reportage | Un peu Trop Froidmont brave


Reportage | Un peu Trop Froidmont brave

Une décapotable se prête à toutes les saisons, même un été pourri.

Chaque année amène son lot de malheurs. 2017 nous a enlevé Johnny, 2018 a emporté Pierre Bellemare tandis que 2019 s’est permis d’ajouter Dick Rivers au tableau noir de jais. Ensuite, 2020 nous a amené une pandémie et 2021 a continué avec un été horrible. Les mauvaises nouvelles n’ont fait que s’enchaîner, ne laissant de répit que lors de courtes bribes. Alors quand on nous a proposé de rouler en Mini cabriolet parée d’une robe jaune flash, on a sauté sur l’occasion de se refaire une bonne humeur.

Puisque c’en était trop, nous avons démarré notre balade à Trop, pile sur la frontière linguistique. Le rayon de soleil sur la carrosserie pourrait faire croire que le Zesty Yellow est te veel, mais la tache jaune la plus inhabituelle cette année est celle qui apparaît dans le ciel. Profitons-en, ouvrons le toit.

Pour les premiers kilomètres de notre escapade dans les champs brabançons, les dalles de béton s’enchaînent avec un peu de bruit avant de bifurquer au milieu des arbres. Le soleil joue à cache-cache en profitant des nuages, mais nous n’allons pas nous plaindre. De plus, les premiers virages sympas arrivent à proximité du village de Saintes.

À Wisbecq, le béton fait place aux pavés et notre prémonition se confirme : pas véritablement de place pour les supercars dans la région. La Mini Cooper S Cabrio se montre donc bien adaptée aux routes locales, malgré ses mensurations en hausse depuis quelques années. La route dépasse rarement les trois mètres de large, et une bonne visibilité est cruciale pour éviter les ornières dans les points de corde.

Sur les revêtements variés du coin, la suspension anglaise pourrait faire peur. Historiquement plus sèche qu’un été californien, elle se montre ici conciliante et filtre bien les imperfections, même si les butées sont rapidement atteintes. Pas de quoi déstabiliser notre canari, mais cela freinera les plus ardents sur les routes dégradées. Pas de cela en arrivant à Rebecq heureusement, car le bitume n’a probablement pas encore connu le soleil.

En serpentant le long de la Senne, la belle Anglaise fait siffler son turbo sans arrêt, et les oiseaux la regardent jalousement. Il est loin, le chant du compresseur, mais la sonorité du 2.0l se fait joyeuse et marque la différence avec la concurrence. Pas de grosses envolées lyriques, mais un échappement qui incite à rester sur le couple. Ça tombe bien, la boîte automatique a tendance à éviter les hauts-régimes et passe les rapports au moment où nous aurions commencé à appuyer sur une troisième pédale imaginaire. Même pas besoin de chipoter avec les palettes.

À Rognon, le paysage devient aussi alléchant que le plat éponyme est dégoûtant. La route continue de serpenter entre les champs et certains moulins surgissent au détour d’un arbre ou l’autre. Personne à l’horizon, les cyclistes profitent des chemins de terre et nous profitons des virages rapides que le relief nous offre. Pas de gros changements d’altitude évidemment, nous sommes sur un plateau, mais les ruisseaux avoisinants ont tout de même creusé la terre depuis quelques siècles.

Les kilomètres suivants, entre villages fleuris et champs de blé prêts à être moissonnés, la Mini danse au rythme des courbes. Pas de surprises évidemment, le châssis reste neutre et le surpoids dû au toit découvrable rend la conduite plus pataude, mais on profite tout de même de chaque virage. Pas de vitesse mirobolante, pas de manoeuvres à la limite de l’adhérence. Juste un peu d’air dans les cheveux et un sourire aux lèvres : les petits cabriolets compacts sont une espèce en voie d’extinction et il faut profiter des moments qu’il nous reste ensemble.

À Horrue, la route continue de serpenter mais les marques de notre été dramatique se font remarquer. Boue sur la route, flaques en bord de chemin, il faut croire que l’humidité n’est jamais loin. Les nuages nous ont rejoints et sont d’ailleurs prêts à nous surprendre. Heureusement, nous arrivons au bout de notre escapade dominicale et même les premières gouttes n’enlèveront pas notre bonne humeur.

Car c’est véritablement le plus grand atout de la Mini Cabrio. Au-delà des motorisations, couleurs et options, c’est surtout sa capacité à faire sourire tout le monde, passants ou occupants, qui en fait un succès pareil. De quoi oublier son prix ultra-premium ou son nouvel habitacle un peu plastique ? Oui, on irait même jusque là. Car s’il y a bien une chose qui a rendu notre été plus joyeux, c’est de profiter des quelques rayons de soleil en appuyant sur un bouton, même s’il faisait un peu Trop Froidmont brave.

Infos pratiques : 36km | 1h de route.

Merci à Mini Belux pour le prêt de cette boule de joie et d’énergie. Pas véritablement sportive, mais tout à fait apte à la balade soutenue, cette Cooper S Cabrio ferait rire un croque-mort.

Quelques images en bonus :

La bouche béante, le gros changement de cette nouvelle Mini.
Le compteur semi-digital, on approuve. Les boutons qui prennent les traces de doigts, on rejette.
S’il y a des cyclistes dans le coin, c’est que les routes sont bonnes.
Difficile à croire, mais il est possible de camoufler cette couleur.
Le revêtement a l’air mauvais comme ça, mais les pavés sont parfaitement à niveau.
L’eau nous rattrape.
Route déserte.
L’entretien de la signalisation est perfectible.
On profite des derniers rayons de soleil.
Qui revoilà 🌥
Super… Arrêtons-nous avant que la pluie nous tombe dessus.

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