Route | I go Cross


Reportage | I go Cross

Ou comment on a failli se retrouver à faire du X.

Les subtilités d’un nom sont parfois difficiles à saisir. Plus petit modèle de la gamme nipponne, notre invitée du jour se prénomme Aygo X…et se prononce comme sa cousine Yaris Cross. Pourquoi ne s’écrit-elle pas de la même manière ? Qui sait, la dernière fois qu’on a posé des questions pareilles, on s’est pris des coups de crosse. Mais cessons de parler de nom, passons aux capacités.

Non, nous n’aborderons pas la capacité de charge aujourd’hui, car l’Aygo X est l’un des derniers modèles Toyota à ne pas être passé par la case électricité. La citadine, un peu oubliée, se réinvente aujourd’hui à la sauce “Cross”, c’est-à-dire avec une garde au sol rehaussée et des pare-chocs en plastique. Nous avons failli crier au scandale, mais à y regarder de plus près, il semblerait que ce soit du win-win.

Pour la clientèle âgée, ces changements cosmétiques justifient le choix de l’Aygo par rapport aux SUVs qui font la joie des acheteurs. Pour la clientèle plus jeune, les plastiques feront plaisir au portefeuille lors de l’apprentissage des créneaux. Du coup, carton plein pour les deux types de clientèle de la belle rouge. Mais pour les enthousiastes comme nous, y a-t-il un intérêt ? Excellente question, Gaston. Pour y répondre, nous avons décidé d’arpenter le Brabant Wallon pour découvrir le terrain de prédilection de cette version Cross. Plutôt ville ? Plutôt route lisse ? Chemin de remembrement ? On va le voir tout de suite en démarrant de Limelette.

Sur les premiers kilomètres remplis de grands routes rectilignes, il n’y a pas manière à se réjouir. La caisse est saine, mais le petit bloc de 998cc n’est pas adapté aux allures élevées (entendez par là 70km/h et plus). Qu’à cela ne tienne, le pommeau de vitesses tombe parfaitement sous la main et à défaut de chanter juste, le bloc donne de la voix. Sympa tout de même, pour attendre le premier virage.

Dès l’arrivée de celui-ci, le sourire revient. La caisse est légère (moins d’une tonne, ce qui devient aussi rare qu’une voiture de société qui n’est pas noire) tandis que la direction est vive. Les tout petits pneus jouent leur rôle à merveille, avec une bonne réactivité suivie d’un peu de sous-virage, mais tout est prévisible. À l’ancienne donc. On retrouve même le plaisir de devoir planter les gaz avant la corde pour espérer ressortir du virage à une vitesse correcte. Aah, qu’elle était simple, la vie avant les turbos.

Au milieu des champs, on retrouve une autre qualité de l’Aygo X. Avec ses suspensions légèrement surélevées, la belle rouge avale toutes les aspérités de la route sans broncher. Pavés, elle s’en fout. Jonctions de béton, pas vu. Gravillons, pas senti. Le seul bémol est qu’on entend tout. Pas que l’assemblage ne soit pas solide — au contraire — mais l’isolation phonique n’est pas le fort de la Japonaise.

En cause, une conception légère, mais surtout un toit souple façon Open Air, comme sur les Polo de la fin des années 1990. Hyper agréable au quotidien, celui-ci se fait néanmoins remarquer au-delà de 80km/h, et n’est pas hyper rapide à refermer, la faute à une commande qui s’active en une fois à l’ouverture mais trois fois à la fermeture. Cela ne nous boude pas notre plaisir, on est occupés à avaler des courbes à fond, les cheveux à l’air, sans risque d’être corrigé par la maréchaussée.

76 chevaux au total. Faites le décompte.

Pour cause, un débordement de puissance qui ne ferait rougir que la carrosserie. Avec la bagatelle de 72 chevaux (dans les bonnes conditions), l’Aygo X ne fera pas d’excès de vitesse, et les relances ne sont bonnes que sur les trois premiers rapports. Et en arrivant en ville, ça tombe plutôt bien. Dans ce cadre plus lent, les qualités de cette “nouvelle” Aygo sont clairement mises en avant. Suspensions conciliantes, intérieur bien équipé (toit ouvrant, sièges chauffants, Carplay…), tout est fait pour faciliter le voyage, qui prendra du temps sur autoroute.

Alors y a-t-il du plaisir à prendre dans une cacahuète pareille pour un acharné du volant ? Oui, car tout comme la Fiat Panda, l’Aygo X se positionne comme un rince-bouche, comme la tranche de gingembre servie à côté des sushis. Bien équilibrée, sans fioriture, juste ce qu’il faut pour remettre nos attentes à niveau et avaler quelque chose de plus spécial. Et on ne sait pas vous, mais nous, on adore le gingembre.

Infos pratiques : 26km | ±40 min de route.

Envie d’encore plus de virages ? C’est ici que ça se passe :

Merci à Toyota Belux pour le prêt de cette Aygo X qui nous a fait redécouvrir des routes oubliées, parce que trop larges ou au revêtement douteux.

Quelques images en bonus :

Qu’est-ce qu’on écoute dans une voiture qui plaît aux plus âgés ?
Du X partout.
Les pavés ne lui font pas peur.
La traversée des champs non plus.
Petite voiture, mais très belle peinture.
S’insérer dans la circulation du ring de Bruxelles avec 72 chevaux. Gros challenge.

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