Route | Mégane & Tech


Reportage | Mégane & Tech

Une Mégane qui parcourt les virages en automne, ça nous met toujours le sourire aux lèvres.

Les lecteurs fidèles de Drivetime s’en souviendront peut-être, il y a quelques années, nous embarquions dans une Renault rouge pour partir à la découverte des couleurs chaudes amenées de notre saison préférée. La star en question était une Mégane RS au moteur bouillonnant et aux pneus prêts à arracher le bitume au moindre virage. Ça vous rappelle quelque chose ? Aujourd’hui, la recette a quelque peu changé, mais une question nous taraude : une Mégane de 220 chevaux, ça amène toujours des sensations, non ?

Pour y répondre, rendez-vous en région frontalière, comme la dernière fois, mais pas pour passer en Allemagne. Aujourd’hui, nous mettons les roues en Hollande — seulement pour quelques kilomètres — car notre exploration sera dans la Campine. À la sortie de Maastricht, nous embarquons dans notre Mégane E-Tech qui, au premier appui sur le bouton Start, ne fait aucun grognement. Allez, fini le suspense inutile, cette nouvelle Française est bien évidemment électrique. Vous l’aviez certainement deviné d’ailleurs. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce nom étrange ?

Premièrement, une architecture classique pour une Mégane, mais hors du commun pour une électrique : un moteur à l’avant et une pure traction. On laisse donc de côté les compactes à propulsion comme l’ID.3 et on garde une recette qui marche, du moins dans nos souvenirs.

La météo du jour est humide, ce qui n’est pas pour nous déplaire (les photos de l’été étaient souvent trop lumineuses à notre goût), mais la question est de savoir si le couple de notre engin va passer au sol sans problème. On écrase la pédale de droite pour voir, et directement, le tableau de bord clignote. On s’approche de Noël, mais c’est peut-être un peu exagéré non ? Il faut croire que les roues de 20″ et les pneus de 215mm de large ont du mal à supporter les 300Nm de couple. On va remettre la faute sur les feuilles mortes qui jonchent le sol.

Une fois les premiers kilomètres avalés avec un oeuf sous le pied, il est temps de traverser le port de Lanaye, en admirant son écluse, et d’attaquer les premiers virages de notre trajet. Portant le nom de “rue du garage” l’enchaînement qui nous attend s’enfonce dans la forêt et on n’en voit pas le bout. Dès le premier virage, nos a-priori semblent inutiles.

Là où la Mégane E-Tech avait du mal en accélération longitudinale, les forces latérales sont avalées sans hésitation. Le grip est surprenant dans ces conditions détrempées, et la vivacité de la direction est notable. Pas un retour d’informations énorme, mais probablement parmi ce qui se fait de mieux en matière d’électriques grand public. Ce qui nous met en confiance pour la suite.

Une fois au sommet de cette micro-vallée, et proches du fort d’Eben-Emael, nous traversons quelques champs pour redescendre progressivement sur Kanne. Une petite ville côtière, mais probablement pas celle que vous attendez. La descente se fait en douceur, la régénération étant malléable avec les palettes derrière le volant, tandis que la batterie profite de ce moment de répit avant de se relancer dans la poursuite des courbes.

Une fois le canal devant nous, nous piquons à gauche et attaquons une petite route bien connue des cyclistes qui se font rares aujourd’hui. Le Slingerberg — comme les locaux l’appellent — , c’est une enfilade de dix virages serrés, avec une visibilité parfaite et un revêtement plus que correct. Pas de clips à nos pédales, pas d’EPO, pas de casque sur la tête, mais on profite tout de même de la portion pour chasser les sensations.

À l’entrée de chaque virage, pas besoin de freiner, la régen’ est suffisante. Dès l’approche du point de corde, le volant fait des merveilles, en amenant instinctivement le court capot là où on le souhaite, tandis que la remise des “gaz” se fait progressivement pour ne pas saturer les pneus. Une fois les roues presque droites, on profite de la capacité du châssis à s’extirper des courbes sans flancher, tandis que les suspensions ne bronchent pas et font presque oublier les jonctions des plaques de béton.

Arrivés en haut, on se remet des nos émotions avec le sourire aux lèvres, tandis que le héron qui traverse les champs salue le coq qui trône fièrement sur le pare-brise. Cocorico, mais il y a de quoi. Car là où certains doutes sur l’assemblage français pouvaient pointer le bout de leur nez, la Mégane E-Tech met une claque aux Allemands.

Héron vs. coq.
Extérieur vs. intérieur.

C’est sobre, bien fini, pas trop recouvert de Piano Black, l’interface est rapide et bien intégrée, il y a de l’espace de rangement à revendre et des boutons en suffisance pour les fonctions de conduite. Deux bémols : le plastique dur du rangement au niveau des pieds (on chipote) et le support de chargement sans fil du téléphone qui rentre dans la rotule des grands comme nous. Comme vous pouvez le percevoir, c’est plus réussi (et pratique) que dans un équivalent allemand qui dépend trop des boutons virtuels. Ça fait donc 2–0 dans le clan tricolore.

Mais alors, elle vaut vraiment la peine cette Mégane ? Pour son premier vrai saut dans le monde de la tech grand public, la marque au losange s’en sort avec les honneurs. La Mégane E-Tech est fun (en attendant une vraie version sportive qui ne saurait trop tarder), bien équipée et finie, avec une autonomie réelle de 370km qui la rend véritablement compétitive. Reste qu’à 49.490,00€, on n’est pas encore près d’en voir chez Mme et M. Tout-Le-Monde.

Infos pratiques : 27km | ±40 min de route.

Envie d’encore plus de virages ? C’est ici que ça se passe :

Merci à Renault Belux pour le prêt de cette prometteuse Mégane E-Tech. On se réjouit de tester les versions sportives qui en découleront.

Quelques images en bonus :

“Elle est grande cette usine dis-donc”
Finition quasiment irréprochable, et navigation au poil. Ils ont même pensé à un support pour la carte Drivetime.
On va pas vous mentir, cette couleur claque.
Électricité + eau, c’est en général problématique. Ici, on ne se tracasse que de la motricité.
Elle est pas mal cette route.
Celle-ci non plus.
Et celle-là non plus d’ailleurs.
Après la Renault Trafic…
Encore quelques virages pour la fin.

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