
Blog | Qui ne Yaris rien n’a rien
Récit d’une aventure en Toyota sur un rallye dédié à une autre marque.
Les dates concordaient parfaitement. Le week-end de la toute première manche de WRC en Belgique, nous roulerions dans le modèle qui tient la tête du championnat constructeurs. L’occasion d’essayer la base commune à deux bêtes complètement opposées, mais aussi de s’attirer les foudres des supporters d’une marque coréenne au célèbre pilote belge.
En tant qu’amateur de rallye, la Yaris ne peut évidemment qu’impressionner par son palmarès et l’équipe Toyota — dirigée seulement par d’ex-pilotes de renom— force le respect depuis son arrivée. N’empêche, lors de la manche yproise, ne pas supporter Thierry Neuville serait un sacrilège. Alors prenons un air dégagé lorsque nous arrivons sur le parking bardé de t-shirts et casquettes bleues.



Nous voici à Francorchamps, car louper une incursion des WRC sur le plus beau circuit du monde serait dommage. Pas de tour de circuit complet, mais plutôt des boucles aux plus beaux endroits pour garantir du spectacle. Niveau spectacle, je pensais me faire huer en arrivant en Toyota Yaris (rivale au régional de l’étape), mais les regards sont plutôt bienveillants. La couleur rouge plaît aux amateurs de voitures, et les compliments fusent. “Elle a de la gueule” nous dit un supporter en tenue complète Gazoo Racing. En même temps, le contraire nous aurait étonné, venant de sa part.
De la gueule, elle en a clairement. Pas autant que les bolides qui arpentent les Combes et se battent pour une troisième marche du podium (les Hyundai n’ayant pas quitté le top 2 du week-end), mais assez que pour dévier le regard. C’est clair qu’à côté de sa grande soeur Corolla, la Yaris ne dénote pas. Traits aiguisés, sourire béant, hanches bodybuildées, l’air de famille est bien présent. Et au volant, on retrouve la même sensation.



Une fois de plus, la version WRC n’est pas vraiment indicative du modèle routier. La faute à un train moteur en moins et surtout 250 chevaux laissés sur le côté. Il n’empêche, la plateforme élargie de série (+5cm par rapport à la génération précédente) sent bon la vivacité et ne rechigne pas dans les virages. La Corolla impressionnait par sa direction hyper précise, la Yaris ravit par son comportement tout à fait équilibré, et surtout pas trop chargé en sous-virage. Pas de quoi faire des drifts comme Sébastien Ogier dans la zone rally-cross, n’exagérons rien. Mais tout de même de quoi enrouler lorsqu’on rentre fort dans les virages.
Rentrer fort dans un virage en Yaris hybride, vous êtes sûrs ?!
Oui, certains. Là ou l’ancienne génération versait une larme au-delà d’un demi-tour de volant, celle-ci joue clairement de son châssis affuté. Les suspensions y gagnent d’ailleurs en souplesse pour afficher un confort notable dans la catégorie, tandis que l’ensemble-moteur boîte mise toutes ses cartes sur l’attitude relax. En effet, les trois cylindres atmosphériques ne manquent pas spécialement de punch, ni le compensateur électrique, mais la boîte CVT donne toujours l’impression de remettre les gaz sur une spéciale du rallye de Finlande. Pas spécialement désagréable, mais loin d’être efficace lorsqu’on veut relancer au point de corde.




L’aspect positif de cet ensemble, c’est la consommation. Car même en profitant de la Yaris sur nos petites routes préférées au retour du circuit, nous n’avons pas réussi à faire passer la jauge au-dessus des 5.0l/100km. En roulant en ville, les 4l sont aisément atteignables. À croire que le combo d’un excellent châssis et d’une boîte à convertisseur font des miracles. En effet, l’envie de freiner passe alors très vite, et chaque virage s’annonce aussi facilement qu’un énième titre mondial pour Sébastien Ogier. On n’en sort peut-être pas aussi vite, mais on a plus le sourire que lui en fin de week-end.
Car ce dimanche après-midi, le clan Toyota n’est pour une fois pas à la fête. Ne nous plaignons pas, une victoire belge sur nos terres est un véritable exploit et tous les adversaires saluent Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe à la sortie du cockpit. Mais en cette année où Toyota domine les débats, nous aurions aimé sortir du parking fiers comme des paons. Qu’à cela ne tienne, nous nous sommes bien amusés ce week-end, et s’il y a une chose à retenir, c’est que l’avenir hybride du WRC ne devrait pas être triste, s’il tire des leçons de l’expérience de Toyota dans le domaine.



Et la GR Yaris là-dedans?
Se rendre sur un rallye WRC en Yaris de compétition (ou presque) aurait été encore plus amusant, c’est clair. Mais des ventes éclair et un planning chargé ont eu raison de cette excursion épicée. En revanche, nous avions pu nous glisser au volant de celle-ci il y a quelques mois, et nous pouvons vous résumer l’expérience en quelques mots.
Prenez une Yaris normale (une excellente base donc) et n’ajoutez que du positif. Un bloc musclé mais souple, un châssis affuté, une transmission intégrale pilotée et surtout une boîte manuelle et vous obtenez un feu d’artifice. Hyper efficace et hyper fun, les virages sont avalés à une vitesse impressionnante. Vous en voulez plus ? Dites-le nous, et on pourra vous faire un petit article supplémentaire.



Merci à Toyota Belux pour le prêt de cette Yaris Hybrid, qui en plus d’être un choix rationnel comme par le passé, se montre désormais comme une décision émotionnelle. Bien joué.
Quelques photos en bonus :






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