Reportage | Revoir du TI


Reportage | Revoir du TI

Les frontières ouvrent et un acronyme revient.

On les attendait depuis un moment. Deux évènements clé dans deux dimensions de l’histoire. D’un côté, notre pays aux frontières fermées a enfin réouvert, et de la même manière qu’à notre déconfinement passé, nous attendions de pied ferme le moment où nous pourrions nous dégourdir les roues sur notre bitume favori outre-Sûre. Une révolution dans l’histoire belge, et une qu’on n’attendait pas vraiment.

De l’autre côté du spectre de l’inattendu, une autre révolution se préparait. Après des années d’anticipation, voici enfin la première sportive traction de Munich. Pas une transmission intégrale pour masquer l’indéniable, pas de chichis. Pas vraiment une ///M non plus, mais la renaissance d’un blason oublié depuis des années. La 128ti est bien là, et elle représente à nos yeux l’occasion parfaite pour revoir du pays. En selle !

Au château de Bourscheid, les souvenirs du coin reviennent vite à l’esprit. Sonorité bien luxembourgeoise, forêts denses et vallées abruptes, tout est comme dans nos rêves. Rapidement, la descente sinueuse nous met dans le bain et donne un avant-goût de ce qui nous attend aujourd’hui. Longer des rivières aux noms imprononçables et avaler les courbes, c’est notre projet, pour citer un autre Emmanuel.

Après quelques bornes de vallée, la remontée d’Unterschlinder arrive à point. L’échauffement était bon, à nous d’attaquer. Dans les courbes serrées, la Béhème demande un petit temps d’adaptation. Là où le logo sur le volant suggère un passage en force, les remontées de couple incitent à la douceur. Dans les épingles du coin, au bitume parfait, ça colle assez bien.

Un banc et une poubelle dans les virages, pour apprécier les belles mécaniques qui passent.

Une fois au sommet, un rapide passage le long de l’autoroute nous fait rejoindre la section suivante, qui plonge entre les champs. Comme si l’on combinait le Turini et le Pays de Galles en une spéciale. Ça serpente tout seul, et les 265 chevaux du 2.0l turbo chantent joyeusement. Un peu de bruit de turbo, ça réveille les sens.

Dans l’enchaînement plus roulant vers Merscheid, on se concentre sur le bloc en question. Version dégonflée du moteur de la M135i, sa puissance n’en semble pas drastiquement baissée. Si la version “haut de gamme” compose avec 40 équidés de plus, elle doit aussi s’équiper d’un essieu arrière moteur (obligatoire sur les ///M). Résultat des courses : 80kg en moins et surtout, une transmission beaucoup plus vive.

S’agit-il juste d’un hasard ? D’une différence technique ? Toujours est-il que la boîte à double embrayage avale les sept vitesses avec beaucoup plus d’entrain. Dans les enchaînements qui nous mènent à la frontière allemande, les montées et descentes de rapports sont effectuées à la vitesse de l’éclair. Et à la frontière, la traversée est extrêmement rapide également.

La remontée de Keppeshausen, que nous connaissons bien, s’effectue sans lever la patte arrière comme en Fiesta ST, mais en étirant les zygomatiques tout de même. Une fois cernée, la 128ti se conduit avec le sourire. Pas question de la forcer, pas question de la brusquer. La Turismo Internazionale d’aujourd’hui, au contraire de ses ancêtres, est plutôt axée grand tourisme. Un peu une GTI donc ?

Pas de patte levée mais un ciel qui nous tombe sur la tête.

En fait, oui. À croire qu’avec une lettre de plus à son patronyme, la 128 serait plus facile à identifier. Ni ///M, ni RS, elle navigue dans les eaux de la Golf GTI et la provoque en duel. Et ce n’est pas notre route favorite du coin qui va contredire cette sensation, surtout avec un peu de pluie sur le tarmac. La route sans nom qui relie Falkenauel à Von Der Hoh est toujours aussi bien que dans nos souvenirs, mais demande de la retenue.

Attention, le rupteur est toujours aussi vite atteint qu’avant et les virages donnent tout autant la banane. Une remontée de 5 kilomètres de ce style, on n’en connaît pas beaucoup. Mais il faut croire qu’en ST, le rythme (ou du moins la sensation qui en découle) est plus élevé. Certainement que le filtrage des suspensions (rien à redire) et le manque de troisième pédale joue un rôle là-dedans. Mais ne boudons pas notre plaisir, les routes qui viennent annoncent du joli.

Les klassich.

Dans le registre de nos routes préférées, un autre classique était aujourd’hui inévitable. À Tintesmuhle, les enchaînements guidés par des rails forcent au rire. La 128ti, elle, force à l’admiration. Malgré nos commentaires, elle nous amène à bon port avec le sourire, un dos en excellente condition, les oreilles ravies (la sonorité du 4 cylindres étant tout à fait appréciable) et la sensation d’avoir passé une excellente journée.

Et c’est ça qui compte finalement : au lieu de s’attarder sur les acronymes et les traditions, on tentera de profiter du moment. Pas de PCR, de PLF, de RWD, mais tout de même les ingrédients pour une bonne balade couplés à un confort de routière. Finalement, peut-être que TI veut dire “très intéressant”.

Infos pratiques : 62km | 1h15 de route.

Merci à BMW Belux pour le prêt de cette 128ti. Missile destiné à la balade, elle représente certainement une bonne alternative à la Golf GTI. On vous le confirme bientôt.

Quelques images en bonus :

Ce genre de paysage nous avait manqué.
TI, ça veut dire quoi pour vous ?
Plus sympa de l’arrière…
Ici, on ne croise personne. Mais en même temps, personne n’y passe.
Que dire ?
Traversée de frontières aisée.
Ils ne connaissent pas les lignes droites par ici.
Mmmh.
Comme sur des rails.
Merci Audran pour ton aide précieuse.

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