
Reportage | De Wanne
Certaines transitions sont parfois dures à avaler. Le passage à l’âge adulte en fait partie.
Vous le savez certainement déjà : après deux générations de rébellion envers le segment des compactes, la BMW Série 1 a succombé à la pression et a abandonné ses roues arrières motrices. Mais après avoir crié au scandale, on s’est rappelé qu’on a tous un peu changé au fil des années, et souvent en bien. Alors nous sommes partis découvrir si The One avait perdu son tempérament amusant, et pour ça nous avons démarré de Wanne.



Le jeu de mot est douteux (on n’a pas changé sur ce plan-là) mais l’endroit est toujours apprécié. Il semble le terrain de jeu idéal pour tester la vivacité d’une caisse qui semble avoir théoriquement laissé son humour au vestiaire, au contraire de ses narines. Et son flair nous sera bien utile pour traverser la forêt menant à Vau, où les chasseurs du jour font traverser des biches derrière nous. Thibaut me certifie qu’il s’agit d’un chevreuil ou d’un cerf (j’ai oublié), mais à mes yeux il s’agit d’une biche. Ca fait six ans qu’il essaie de me faire voir la différence, ça ne semble pas rentrer. Ce qui rentre facilement par contre, c’est la superbe descente vers Grand-Halleux et les belles courbes qu’on y rencontre.
La remontée vers Mont-le-Soie est également amusante, et nous y rencontrons une Deuche en excellent état. Lorsque nous le félicitons, le propriétaire nous gratifie d’un “Tu veux l’acheter manneke ?” avec un accent flamand bien épicé, un peu surprenant. Nous continuons notre remontée vers le Centre Européen du Cheval (ça ne s’invente pas) et la traversée de la forêt rappelle notre monture du jour, avec ses arbres gris comme la carrosserie et les feuilles rouges comme le cuir.






Les kilomètres suivants révèlent un châssis aussi rigide que le village de Poteau, tandis que la suspension pilotée M Sport se montre beaucoup plus conciliante qu’auparavant et absorbe toutes les impuretés de la route sans broncher, malgré les pneus au profil relativement bas. Le caractère reste donc dynamique, et même parfois sportif si l’on pousse la petite Béhème dans les courbes serrées. Sur des routes imparfaites, la monture est presque parfaite. Les longs kilomètres qui nous séparent de Maspelt sont avalés à une vitesse qui ferait peur à l’ancienne M140i.

Le comportement n’a vraiment rien à envier à la génération précédente d’un point de vue efficacité. Flanquée d’un 2.0l diesel et de quatre roues motrices, la Série 1 est toujours amusante et plus sécurisante que jamais. Elle n’hésitera pas non plus à alléger la roue arrière intérieure dans un virage serré lorsqu’on lui demande ou à donner du feedback dans le volant, mais ce qui manque, c’est ce qui faisait pardonner tous les défauts de l’ancienne : les deux cylindres supplémentaires.
C’est dans les virages de la vallée de Burgknop que nous nous en rendons le plus compte. Empruntés la dernière fois en Fiesta ST, les enchaînements parfaits de ce coin nous avaient donné une banane incomparable non seulement grâce au châssis affuté, mais aussi au caractère rauque du trois-pattes en sortie de courbe. Aujourd’hui, les pif-pafs sont avalés à une vitesse similaire, mais la remise de gaz n’apporte pas autant de plaisir. La boîte se repose trop sur le couple (diesel oblige) tandis que la disparition du 3.0l nous attriste un peu. Pas assez que pour nous arrêter cependant.




Nous remontons vers l’E42, pour évidemment l’éviter et plonger vers l’Allemagne par la N646. La dernière fois que nous étions dans le coin, nous nous plaignions d’une Bavaroise pour des raisons un peu différentes. Aujourd’hui, il est difficile de trouver de véritables défauts à la 120d xDrive que nous avons entre les mains. Sur le bitume parfaitement lisse mais un peu gras en direction de Winterscheid, l’adhérence est bluffante, le sous-virage quasiment inexistant et les vitesses de passage en courbe s’approchent de manière effrayante des 100km/h maximum de la région.
Les enchaînements de virages rapides et lents illustrent, eux, les progrès réalisés sur le plan du freinage, où l’ancienne génération péchait volontiers. La petite perle que nous avons dégotée aujourd’hui, reliant Mützenich à notre arrivée, alterne les zigzags dans le champs façon spéciale de rallye, avec la poussière sur la route en prime, puis remonte vers la plaine dans une série de virages rappelant étrangement les Trôs Marets. Les derniers kilomètres se calment ensuite et font profiter du régime de croisière de l’Allemande pour nous amener à Auw Bei Prüm.






Maintenant que nous sommes arrivés, la question peut réellement se poser : la nouvelle Série 1 représente-t-elle un crime de la part de BMW ? Et si au départ, nous aurions eu tendance à répondre par l’affirmative, notre réponse est désormais plus informée. L’inversion des roues motrices n’a pas ruiné son comportement, au contraire. Le niveau de précision du châssis associé à l’amortissement piloté rend la voiture plus efficace que jamais, tout en conservant un caractère fun, pour une traction du moins.
Ce qui nous manque ici, ce n’est vraiment pas l’objectif, mais plutôt le subjectif. Là où l’ancienne faisait pardonner ses imperfections avec un gros moteur unique dans sa catégorie, la nouvelle nous épate tout en laissant un vide. Le vide ne vient pas vraiment d’elle-même, mais plutôt de son passé flamboyant. Alors ne boudons pas notre plaisir, profitons plutôt des qualités admirables de ce nouveau modèle, qui reste probablement LA compacte premium que l’on choisirait. En gros, the One and Only*.
*De Wanne et on lit. Pardonnez-nous pour ce jeu de mot tout à fait mauvais, même par rapport à nos standards habituels.


Infos pratiques : 62km | +- 1h15 de route.
Merci à BMW Belux pour le prêt de cette 120d xDrive M Sport. Jamais les remises en question n’ont été aussi agréables.
Quelques images en bonus :











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