
Reportage | En jaune et contre tout
Est-elle jaune ? Est-elle verte ? La couleur divise, et bien d’autres aspects également.
Depuis son apparition sur les premiers sites d’infos, l’Abarth 500e (pour électrique, vous l’aurez deviné de suite) attise les commentaires de tous côtés. Sera-t-elle digne de son aînée ? Son bruit nous manquera-t-il ? Sa couleur Acid Green n’est-elle pas plutôt yellow ?
À tous ces points d’interrogation, nous avons décidé de creuser le questionnement sur les routes condrusiennes, généralement juges de paix de beaucoup de véhicules. Alors embarquons à Hotton, et prenons le scorpion par les cornes.



Pour la première question (et la plus importante ?), c’est-à-dire celle de la couleur, nous serons intransigeants. Les traces de vert sont rares, et l’effet général est jaune. Vous le remarquerez tout au long de ce récit, chaque élément associé à cette teinte de carrosserie fait ressortir la couleur ensoleillée et le vert n’en semble que plus contrastant. Désolé Abarth, mais là-dessus, vous vous êtes complètement gourés. Les pissenlits, tournesols et autres tuyaux de construction nous donnent raison.




Sur les autres questions, on dirait bien qu’il va falloir creuser le sujet en profondeur. Et avec les courbes d’Érezée devant nous, il semblerait que nous sommes bien placés. Comme toute bonne voiture électrique, l’Abarth 500e se place aisément et n’est pas piégeuse, majoritairement grâce à sa batterie dans le plancher. Par contre, contrairement à son aînée, les suspensions tolèrent désormais les aspérités du tarmac wallon et font disparaître le décrochage mortel des pots de yaourt, c’est-à-dire la glisse incontrôlable d’un châssis due à une bosse mal placée dans un virage.
Ce gain en confort et en confiance fait-il perdre en plaisir ? Au contraire, il semblerait qu’en prenant en maturité, l’Abarth permet de se lancer dans les virages avec moins d’a-priori, et par conséquent de profiter de la légère prise de roulis, de la direction légère mais rapide ainsi que de relances explosives.




Les relances, justement, parlons-en. Car s’il y a bien un trait de personnalité qu’on ne peut pas enlever au 1.4 Multijet pré-retraité, c’est bien son caractère. Rauque, bruyant et affublé d’un effet turbo bien rétro, ce bloc figure toujours dans les quatre cylindres turbo les plus sympas. Mais le moteur électrique n’est heureusement pas en reste !
Il n’est pas vraiment surpuissant (“seulement” 155 chevaux) mais c’est plutôt dans sa gestion de la puissance que ce moteur fait sourire. Pas purement linéaire, ou du moins avec une pédale bien calibrée, il oblige à doser l’effort sur la pédale de droite pour faire jouer le châssis, et grâce à une régénération bien dosée, permet de s’en sortir en n’effleurant les freins que de temps en temps. Et quels freins ! Bien dimensionnés, et ne devant stopper que 1.300kg, ils suffisent amplement quand ils sont sollicités. Et quand on remet les gaz à fond, les 235Nm de couple nous calent au fond du siège.




Dans ce siège, on est d’ailleurs très bien assis, même pour un grand gabarit. Avec tous les équipements nécessaires à portée de main (plus de détails dans notre essai de la Fiat 500e), on n’en vient qu’à regretter que le réglage d’activation/désactivation du faux bruit d’échappement ne soit pas caché si loin dans les menus. Et il faut qu’on parle de ce bruit.
Ne partant pas d’un trop mauvais postulat, c’est-à-dire que les Abarth sont reconnues pour leur sonorité et qu’un indicateur sonore aide à évaluer la vitesse lorsqu’on roule “plaisir”, nous comprenons tout à fait l’idée de générer un son variable avec la vitesse, inspiré des Akrapovic et Monza d’antan. Là où le bât blesse, c’est dans l’exécution. Dirigé vers l’extérieur, il loupe le coche pour l’aspect plaisir du conducteur, et sonne plutôt comme un pot percé. Et avec son volume beaucoup trop élevé, il ferait passer un champion du monde de créneaux pour un m’as-tu-vu basique auprès de ses voisins. Les ingénieurs ont eu la décence de rendre ce bruit optionnel, mais avec 6.000 heures de développement (vraiment ?!), ceux-ci auraient pu rendre le réglage plus facilement trouvable (il nous a fallu deux jours et un appel à l’aide pour le dénicher).




Une fois ces remarques passées, finalement, il ne reste heureusement que du plaisir. Car c’est un peu la première hot hatch électrique du marché, et que celle-ci est objectivement bien réussie. Un moteur qui pousse, un combo châssis-suspension qui s’avère joueur, une bonne position de conduite et par dessus tout, une amélioration de la recette thermique. On peut donc dire que toutes les cases sont cochées. Et avec une consommation moyenne de 15kWh/100km, on atteint aisément les 250km d’autonomie. Reste plus qu’à renommer la couleur donc.



Infos pratiques : 47km | +/- 1h de route.
Merci à Fiat Belgium pour le prêt de cette plaisante Abarth 500e. Plus que du plaisir, celle-ci nous a donné une confirmation que les petites sportives peuvent survivre — et même réussir — dans l’ère électrique.
Quelques photos en bonus :








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